Le Carrelet pêche les bons livres

Maison d’édition associative, Le Carrelet souffle cette année ses 10 bougies. A la manœuvre, Alain Quella-Villéger, spécialiste reconnu de Pierre Loti, et deux passionnées de littérature régionale et internationale, nourries de voyages.

Arnault Varanne

Le7.info

Les carrelets trônent en majesté sur la côte atlantique. 
« Ces cabanes de pêcheurs permettent de nourrir les hommes, commente Alain Quella-Villéger. L’éditeur, lui, est aussi sur la terre ferme et nourrit les hommes spirituellement avec ses livres. » Sa définition fleure bon le dépaysement. Le Rochefortais a quitté ses terres natales depuis longtemps, mais n’a jamais renoncé à diffuser de la connaissance. L’écrivain, dont les ouvrages sur Pierre Loti sont édités par de grandes maisons parisiennes, a choisi, en 2016, de 
créer sa propre « cabane », à Mignaloux-Beauvoir : Le Carrelet éditions. « C’est un concours de circonstances, une histoire d’envie à l’approche de la retraite, développe l’ancien enseignant. Christine (Ribardière) et Michelle (Deperrois-Fayet) sont passionnées de traduction et notre envie commune nous a poussés à créer Le Carrelet. »

D’Oléron au Japon

La maison d’édition a ouvert sa « collection » avec la version française de Tout d’sweet, Ma nouvelle vie dans un village français, de Karen Wheeler. L’histoire d’une Britannique journaliste de mode en « exil » dans le pays gencéen. Depuis, une quinzaine de livres sont nés de l’envie des trois compères et de quelques autres. Le dernier s’appelle Un hiver japonais, de l’artiste anglaise du XIXe siècle Marianne North, en coédition avec Magellan & Cie. Une « voyageuse intrépide qui s’affranchit des interdits et des contingences », comme la définit Alain Quella-Villéger en quatrième de couverture. Inutile d’envoyer des livres au Carrelet, c’est lui qui va à la pêche aux textes ciselés et évocateurs. Comme L’Oiseau d’orage, « un roman de mœurs provinciales » 
signé Marcelle Tynaire, belle-fille de communarde et cofondatrice du Prix Femina. 


« Une histoire 
de liberté »

Christine Ribardière a, elle, 
« commis » en 2022 Moulismes, mes années sixties, une plongée tendre dans ses souvenirs d’enfance. Visiblement, l’ancienne professeure d’anglais en lycée a rencontré son public. « Nous 
pensions en vendre 40, on 
est quasiment à 400 exemplaires ! », se félicite l’éditeur. Fort de son statut associatif, Le Carrelet ne cherche pas des profits mirifiques, juste à équilibrer ses comptes et ses envies. « Ça reste une histoire liberté. On a des projets pour les années à venir, mais on prendra notre temps. » La (re)découverte d’auteurs tels que Göran Schildt ou Isabella Bird sert de fil rouge au Carrelet, petite cabane solidement arrimée à son port d’attache, Mignaloux-Beauvoir.

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