En 2027, les règles du cumul emploi-retraite seront remaniées en profondeur et sévèrement durcies. Un tour de vis assumé par l’exécutif avec un logique simple : plus vous êtes jeune, moins le cumul sera généreux.

Laurent Brunet

Le7.info

Mauvaise nouvelle pour les retraités hyperactifs. A partir du 1er janvier 2027, le cumul emploi-retraite perdra un peu (beaucoup) de son charme. Jusqu’ici, le dispositif permettait de toucher une pension bien méritée tout en poursuivant une activité professionnelle pour arrondir les fins de mois. Selon un récent rapport de la Cour des comptes, la formule séduit plus de 700 000 retraités en France, souvent par nécessité pour compléter des pensions modestes.


Mais les règles du jeu vont changer, et pas forcément dans le sens du portefeuille. Entre plafonds, écrêtements et restrictions d’âge, le dispositif risque de saper le moral de ceux qui voyaient dans la retraite active une seconde jeunesse professionnelle.


Trois âges, trois régimes

Inscrite dans la dernière Loi de financement de la Sécurité sociale, la réforme repose sur un principe simple : l’âge devient désormais le seul critère. Trois situations distinctes sont prévues, avec des conséquences inégales. Premier cas de figure, le plus dissuasif. Jusqu’à 64 ans, chaque euro gagné dans le cadre de la nouvelle activité viendra rogner la pension. Autrement dit, travailler après la retraite n’aura aucun intérêt financier. 


Deuxième situation, peu engageante. Entre 64 et 67 ans, la pension pourra être cumulée avec les revenus de la nouvelle activité, mais partiellement. Au-delà d’un certain plafond de rémunération (autour de 
7 000€ par an), la pension sera amputée à hauteur de 50% du dépassement. 


Enfin, troisième configuration, la plus favorable. Elle concerne la poursuite d’activité au-delà de 67 ans. Dans ce cas, les retraités pourront cumuler revenu et pension sans restriction. Cerise sur le gâteau, la nouvelle activité pourra ouvrir droit à une seconde pension. 


Les médecins toussent

Passé presque inaperçu, ce coup de rabot est présenté par l’exécutif comme « une mesure de simplification et un levier d’équilibre des comptes publics », 
observe l’Ordre régional des experts-comptables. L’objectif avoué est aussi « de limiter les effets d’aubaine pour les retraités les plus aisés et d’inciter à retarder les départs précoces ».


Sur le terrain, cette logique budgétaire fait grincer des dents, notamment dans les secteurs en tension. C’est le cas dans l’artisanat, où un durcissement du cumul pourrait « aggraver les difficultés de recrutement et favoriser le travail au noir ».


Même inquiétude chez les blouses blanches. Le Syndicat national des médecins (SN-MCR) dénonce une réforme 
« contre-productive », tandis que la Fédération des médecins de France redoute de voir de nombreux praticiens retraités, qui représentent 11% des effectifs en activité, jeter l’éponge, 
« alors que les besoins de la population sont croissants et que le cumul emploi-retraite permet de maintenir un certain niveau d’activité dans les territoires les plus fragilisés ». Une crainte partagée par la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) qui met en garde contre « un trou d’air dans l’offre de soins dès 2027 ».

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