La Grande Magie opère

La femme d’un notable profite d’un tour de magie pour s’évanouir dans la nature. Noémie Lvovsky met en musique la pièce d’un auteur italien, autour de l’amour et du temps. Et signe là un film léger et singulier, où l’emporte la fantaisie des acteurs.

Steve Henot

Le7.info

Dans ce joli hôtel en bord de mer, ils devaient passer de joyeuses vacances. Mais rien ne va plus entre Charles et Marta. Lasse de la jalousie maladive de son mari, la jeune femme profite d’un tour de magie pour se faire la belle, pour de bon. Furieux, l’époux s’en prend à la troupe de forains itinérants, exigeant d’eux le retour de sa bien-aimée. Pour le calmer, Albert, le magicien, va lui faire croire que Marta est cachée dans une petite boîte, qu’il ne doit ouvrir que s’il a foi en sa compagne. Sinon, elle disparaîtra à tout jamais… 

En adaptant La Grande Magie, pièce d’après-guerre écrite par l’Italien Eduardo de Filippo, Noémie Lvovsky satisfait deux envies de longue date : faire un film musical et qui parle d’amour, dans toutes ses variations -pas seulement conjugale-. Au fil de petites chorégraphies et de chansons mises en musique par Feu! Chatterton, la cinéaste explore avec poésie ce thème de prédilection, à l’épreuve de la mort et du temps. Très singulière, sa partition surprend néanmoins par son rythme étrange, inégal, qui voit le récit souvent distrait de son but. Malgré cette drôle de sensation, persiste quelque chose de séduisant. A commencer par une douce fantaisie, le plaisir communicatif des comédiens à faire vivre ces personnages hauts en couleur (Sergi López, formidable en forain bonimenteur), par le verbe, le chant ou la danse. Cette joie collective de la troupe donne un capital sympathie indéniable à cette fable légère et résolument optimiste, plus profonde qu’elle n’y paraît. Pourquoi s’en priver ?

Comédie de Noémie Lvovsky, avec elle-même, Denis Podalydès, Sergi López (1h50)

DR

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