Cap sur les quarts, cap sur l’histoire

Supérieurs en tous points, les Poitevins ont rapidement réduit à néant les ambitions européennes de Friedrichshafen. Grâce à ce succès maîtrisé, Cédric Enard et ses hommes décrochent une place en quarts de finales de la deuxième compétition continentale. Récit d’une soirée parfaite.

Pierre Bujeau

Le7.info

Victoire totale, et qualification expédiée sans trembler. En s’imposant 3 sets à 0 à Lawson-Body après avoir déjà dominé le match aller en Allemagne (1-3), les Poitevins ont validé leur billet pour les quarts de finale de la Coupe CEV. Une qualification acquise dès le deuxième set. Il faut remonter à 2009 et une victoire chez les Grecs de l'Olympiakos pour voir les Dragons briller en Europe. Ces derniers renouent donc avec leur histoire. Et les pictaviens ont su se montrer à la hauteur de l’événement. Dès les premiers échanges, les locataires de Lawson Body ont imprimé leur rythme, ne laissant aucune miette aux Allemands avec un 79 % de réussite en attaque dans le premier acte. Une fébrilité criante tant les visiteurs ne parvenaient pas à dompter les premiers ballons. Mais privés de son passeur et de son pointu, conservé pour la finale de Coupe d'Allemagne, les visiteurs ont manqué de liant et surtout de confiance. « Mon homologue m’a fait part des difficultés liées aux absences, mais nos gars ont joué parfaitement le coup et n’ont laissé aucune possibilité de revenir dans le match », soulignait Cédric Enard, manager du club.

Une pression constante au service

Le match n’a jamais réellement basculé dans le doute, même si les premiers échanges ont été marqués par une pluie de services manqués de part et d’autre. La différence s’est faite dans l’intensité et la constance. Là où les Allemands ont accumulé les fautes directes- cinq services dans le filet dès le premier set, des ballons sortis dans les moments clés-, les Poitevins ont su accepter le déchet sans se désunir. La crispation allemande était palpable : regards fuyants, visages fermés… À l’inverse, côté poitevin, Franco Massimino a joué de son expérience pour conforter l'avantage psychologique. « On a beaucoup d’années d’écart entre la génération de Thomas et moi. Ils m’appellent “papi” », sourit l’Argentin. « Je dois être derrière eux. C’est un rôle que j’accepte, celui d’aider les plus jeunes. » Une posture de leader assumée, notamment auprès d’Ewen Rennevot (18 ans), entré dans l’ultime acte alors que la qualification était déjà scellée. Dan Lewis en a d’ailleurs profité pour ouvrir son banc et offrir du temps de jeu à sa jeune garde. Malgré ce remaniement complet, Friedrichshafen n’est jamais parvenu à inverser la tendance. La fête pouvait commencer dans une salle chauffée à blanc, ponctuée par les fulgurances de Nikolic, venu rappeler qu’il pouvait lui aussi peser dans la rotation. Malgré ce suspens quelque peu abrégé, les supporters usent leurs cordes vocales pour ponctuer cette belle fête.

Pujol, métronome et détonateur

Au cœur de cette démonstration, un homme a personnifié cette supériorité : Thomas Pujol. Le passeur a dicté le tempo avec une sérénité communicative et une efficacité déconcertante (13/15 en attaque). Alternant frappes puissantes et petits ballons bien sentis, il a constamment désorganisé le bloc adverse. Réduire la victoire à la seule performance du MVP de la soirée serait réducteur. Lukas Maase, bien que diminué physiquement, a apporté de la percussion, Kobrine a fait parlé la poudre à l'envie. L'histoire reste encore à écrire et elle prendra récit face à un autre protagoniste allemand : Lunenburg. Le premier acte se jouera entre le 3 et le 5 mars outre-Rhin. Le second, dans le chaudron viennois, entre le 10 et le 12 mars. L'histoire reste encore à écrire et elle prendra récit face à un autre protagoniste allemand : Lunenburg. Le premier acte se jouera entre le 3 et le 5 mars outre-Rhin. Le second, dans le chaudron viennois, entre le 10 et le 12 mars. Cette fois, il ne sera plus seulement question de renouer avec l’histoire. Il s’agira de la réécrire.

DR : Antoine Bon

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