Aux racines de l'autisme

Dans le cadre de la Semaine du cerveau, du 16 au 22 mars, l’Espace Mendès-France organise une table ronde consacrée à la recherche expérimentale sur l’autisme.

Le7.info

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Pour faire le point sur les avancées, les enjeux et les limites des recherches sur l'autisme, trois hospitalo-universitaires du Laboratoire de neurosciences expérimentales et cliniques (LNEC-Inserm) interviendront mercredi 18 mars, 
à 18h30, à l'Espace Mendès- France de Poitiers. Par leur témoignage, tous les trois expliqueront leur démarche et leurs résultats. « Nous partons d'une question posée à travers un cas concret pour construire nos recherches, sans oublier l'intérêt pour le patient et la famille », souligne Mohamed Jaber, directeur du LNEC-Inserm. Ils détailleront les dernières avancées du laboratoire. « Nous mettons tout en œuvre pour comprendre les bases biologiques de l'autisme, les mécanismes en jeu. Comprendre comment la maladie fonctionne, c'est donner les clés pour pouvoir agir et, au final, mieux soigner. »

Frédéric Bilan, docteur généticien et biologiste, est parti d'un cas de maladie motrice dégénérative. Il a ensuite modélisé la maladie et la compare avec les troubles autistiques pour voir si les mêmes mutations génétiques sont impliquées. Il a mis en évidence, dans les deux maladies, des lésions du cervelet qui entraînent des troubles de la motricité. « Ces recherches nous renseignent sur les bases biologiques de l'autisme. »

Chercher les preuves

Matthieu Egloff, également docteur généticien et biologiste, travaille plus particulièrement sur les signatures épigénétiques. Il cherche sur l'ADN des traces d'exposition à certains médicaments, notamment des antiépileptiques. « Il essaye de déterminer si une molécule ingérée par une femme enceinte peut laisser des traces sur l'ADN de son enfant autiste et comment les détecter. Cet élément pourrait faciliter le diagnostic, explique Mohamed Jaber. Son travail est parti d'un cas clinique, a transité par le laboratoire avant de revenir en clinique. »


Mohamed Jaber, lui, travaille à affiner le diagnostic de l'autisme en caractérisant des troubles moteurs, notamment de la marche. « Nous avons mis en place un protocole au niveau des CHU de Poitiers, Bordeaux, Limoges et La Rochelle. Par des mesures biologiques sur des éléments de motricité, l'objectif est d'améliorer le diagnostic et ainsi de limiter l'errance médicale. Cela signifie aussi des prises en charge plus précoces. »


Mercredi 18 mars, à 18h30. Table ronde sur « La recherche expérimentale sur l’autisme : avancées, enjeux et limites ».

DR Sébastien Laval

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