Poitiers met fin à l’invincibilité choralienne

Trois jours après avoir touché le fond à Vichy, Poitiers s’est offert un sommet. Face à un leader lancé sur une série de douze victoires, les Pictaviens ont renversé Roanne (98-88) au terme d’un combat âpre, pour signer un succès référence.

Pierre Bujeau

Le7.info

La série choralienne de douze victoires avait commencé face à Poitiers, elle s'achève aussi à Poitiers (98-88). Avant ce sommet de la 28e journée, beaucoup auraient vendu la peau de Poitiers avant même d’avoir mis les pieds sur le parquet. Pour être tout à fait honnête, beaucoup d'éléments laissaient entrevoir une nouvelle désillusion (94-75 à l’aller) : la série impressionnante de la Chorale, l’absence d'Ivan Ramljak (cheville) et, surtout, la gifle reçue à Vichy mardi (88-55), soit la plus lourde défaite de la saison. Le "miracle" s'est pourtant produit.

Combat et abnégation

Mais alors que s'est-il passé en trois jours pour afficher deux visages si diamétralement opposés ? De l’orgueil, d’abord. « On s'est fait rentrer dedans. C'était de l'histoire ancienne. On est arrivés avec une autre assise défensive, beaucoup plus de choses structurées en attaque comme en défense. Et l’entame a été très bonne », analyse Andy Thornton-Jones. Puis du combat... Beaucoup de combats. Amateurs de basket champagne et de jeu léché, passez votre chemin. Le récit de cette rencontre est tout autre. La soirée s’est construite autour de la combativité, de l’engagement, du refus de céder. Un enchaînement de chocs, de fautes, de séquences hachées et de faux rythme (26 fautes côté Poitiers, 32 côté Roanne). Le coach ligérien ne s’y trompe pas : « Ça me dérange pas de perdre, mais pas sans les comportements. On est battus en un contre un. On n’a pas tenu les duels », déplore TJ Parker.

Narcisse en roi

Dans ce chaos, les deux équipes se rendent coup pour coup. Poitiers s’accroche grâce à l’impact d’un Jordan Raton (14 points) particulièrement précieux dans les premiers instants, et d’un Narcisse Ngoy une nouvelle fois au-dessus du lot. « On est habitués, c’est un monstre. En Pro B, c’est sa raquette », juge Marcus Gomis. Sa prestation dépasse même le simple cadre du match. Avec un impeccable 9/9 aux tirs, il signe la deuxième meilleure performance de l’histoire du PB86 dans ce domaine, derrière Nike Wallace (10/10). Une dernière statistique (source Proballers) à laquelle s'ajoute son apport au rebond (14) et au contre (2), avec une évaluation finale à 35. En face, Roanne s’en est remis à la vitesse et à l’adresse de Jahvon Blair. Insaisissable, rapide, l’ancien de la maison était en mission face à son ancien public. Ses statistiques parlent pour lui : 20 points, 3/7 à trois points, malgré une évaluation plus discrète (11).

Victoire référence

Puis vient ce moment où tout bascule. Au retour des vestiaires, Poitiers pense tenir sa revanche, avec un matelas de huit points. Mais Roanne revient, pousse, repasse devant (68-74). Les visages se ferment côté pictavien, les gestes se crispent. Le doute s'installe dans les travées de l'arène Jean-Pierre-Garnier. L’indiscipline roannaise offre cependant des munitions précieuses aux lancers francs (18/29), et Poitiers s’y engouffre. C'est dans ces moments de doute que le squad poitevin peut s'en remettre à Marcus Gomis. Auteur de quelques envolées spectaculaires, il provoque, percute, et électrise la rencontre qu'il prend à son compte (20 points, 7 rebonds, 18 d’évaluation). Manque plus qu'un Marcus Hammond taille patron pour s'emparer de la victoire... Dans un début de quatrième quart-temps suspendu, le New-Yorkais saisit sa chance. Un tir longue distance pour faire lever la salle. Puis un autre, quelques minutes plus tard. Même trajectoire. Même sentence. Jean-Pierre-Garnier exulte et se lève pour pousser un peu plus son équipe. Une équipe qui a vacillé, qui aurait pu sombrer. Qui a même plié par moments. Et qui, pourtant, n’a jamais rompu. En stoppant la série du leader, en survivant à ses propres doutes, Poitiers signe une victoire pleine d’abnégation dans un match référence. 

Réactions d'après-match

 

À lire aussi ...