Carburant : la hausse des prix grignote les marges

Automobilistes, professionnels de la santé et entreprises de transports subissent l'augmentation des prix des carburants avec pour effet de réduire leurs résultats.

Le7.info

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L'envolée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient est une réalité pour tous. Début mars, le gazole a atteint la barre symbolique des 2€ le litre en France, impactant les charges de chacun. Aux Transports Jubert, la présidente Nicole Jubert est pragmatique : 
« Nous faisons au mieux. Comme tout le monde, nous sommes impactés. Certains clients ont accepté de revoir leur contrat et les prix, mais il y a forcément un décalage entre l'augmentation et le fait de la répercuter. » Cette PME d'une trentaine de chauffeurs, basée à Jardres, effectue de grandes distances principalement en France. Une hausse de 7 à 8% des tarifs serait nécessaire aujourd'hui pour combler le différentiel. 
« Nous devons faire face à une détérioration de notre trésorerie. C'est environ 10 000€ en plus à avancer chaque jour. » Les prochains mois risquent d'être compliqués de l'aveu même de sa présidente : « Je suis assez pessimiste pour 2026. L'activité est en recul. »

Des professionnels inquiets

Autre secteur touché : le transport sanitaire. Aux Ambulances du Sud-Vienne, le gérant Brice Boutin constate, fataliste, une érosion de ses marges. « Nos tarifs sont fixés par l'Assurance Maladie au niveau national. Nous sommes un secteur en tension. L'objectif de la dernière réforme de novembre était déjà de réaliser des économies avec une baisse de nos tarifs sur les taxis conventionnés de 20 à 30%. » Il constate que deux sociétés d'ambulances de la Vienne ont déjà déposé le bilan. « Nous acceptons des prestations à perte car nous ne pouvons laisser des patients sans solution. C'est l'accès aux soins de certains qui est remis en cause, alors même que nous réalisons des gardes pour le Samu. »


Un constat partagé par Clara Gomila (notre photo), infirmière libérale sur le secteur de Couhé. « Si je n'ai pas de voiture, des patients n'auront pas leurs soins. Notre voiture fait partie de nos outils de travail. Certaines personnes sont maintenues à domicile grâce à notre passage. » En plus du prix plafonné des actes, un forfait déplacement s'ajoute pour les visites à domicile. « Les taux n'ont pas été revus depuis longtemps. » Le carburant reste l’une des charges principales et chaque hausse affecte son reste à vivre. « Je réalise 100 à 200km par jour, avec en moyenne deux à trois pleins par semaine. J'essaye de regrouper les patients, mais il y a des limites. »

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