Grands artisans pour petits bolides

Comment deux artisans de la Vienne ont-ils contribué à la réalisation d’un livre d’art consacré à l’excellence automobile Bugatti ? Itinéraire d’un projet entre New York, le Poitou et Paris.

Pierre Bujeau

Le7.info

Quarante exemplaires, 
456 pages, plus de 1 000 illustrations, archives, photographies inédites, plans de pièces détachées et anecdotes… Le tout pèse près de 10kg et coûte 750€. Un objet de passion signé Jean-Pascal Viault, amoureux depuis les années 1980 de la Baby Bugatti. La légende raconte que Roland Bugatti, le plus jeune fils d’Ettore, fondateur de la marque de Molsheim, a reçu à 5 ans un modèle réduit de la Bugatti, 
35 à 50% de sa taille. La Baby Bugatti sera produite entre 1924 et 1930 à 457 exemplaires. Pour célébrer son centenaire, Jean-Pascal entreprend un livre avec la participation de la petite-fille d’Ettore, Caroline, et confie la direction artistique au designer manager du Metropolitan Museum of Art de New York, accessoirement son fils : Alexandre. Manque encore la touche finale, un coffret. « Il m’a appelé pour confectionner un boîtier en aluminium, en respectant le nombre d’ouïes du véhicule et sa lanière en cuir qui retenait le capot », raconte Vianney Deschatrette, restaurateur automobile installé à Bonnes, spécialisé dans les véhicules anciens. Une rencontre avec Jean-Pascal Viault, nouée il y a quelques années, a donné naissance à cette collaboration.

Un coffret exceptionnel

Pensé comme une extension de la Baby Bugatti, le coffret reprend fidèlement les codes du véhicule : aluminium brut riveté à la main- près de 2 000 rivets-, ouïes latérales, lanière en cuir. « Tout est fait à la main. Chaque pièce demande du temps et de la précision », insiste l’artisan. Le défi était aussi temporel. Avec un prototype du livre reçu seulement le 24 décembre 2025, Vianney devait trouver une peintre pour l’édition collector. C’est là que Maëva Baudin entre en scène. « Quand on m’en a parlé, ça m’a paru complètement fou », confie la peintre en décor. La tâche s’avère technique : peindre des chiffres sur un coffret métallique, à la main, avec un bleu Bugatti précis. « J’ai fait avec ce que j’avais sous la main. C’était un vendredi soir, je n’avais pas le temps d’acheter du matériel », explique-t-elle. Entre sous-couches et ponçage le coffret reçoit cinq couches pour un blanc parfait. « J’avais le week-end pour le faire. Il devait le récupérer le lundi pour le salon. Je ne voulais pas rater. J’étais en stress », confie-t-elle. Et le résultat est là : dix coffrets en édition limitée, chacun unique. « Je n’avais jamais fait un truc de ce niveau-là », admet Maëva. Au total, près de 90 heures de travail en deux semaines ont été nécessaires pour tenir les délais du 50e anniversaire de Rétromobile, du 28 janvier au 1er février 2026.

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