Montpellier, implacable

Montpellier a frappé fort d'emblée. En s'imposant trois sets à zéro ce samedi soir, les Héraultais condamnent Thomas Pujol et les siens à l'exploit la semaine prochaine. Récit de la dernière soirée à Lawson Body de cette saison 2025-2026.

Pierre Bujeau

Le7.info

C'est la bête noire des Poitevins. Elle l'était durant la saison régulière avec quatre défaites consécutives lors des dernières confrontations, elle l'a été aussi durant cette première manche de finale de Marmara SpikeLeague. Déjà battus à quatre reprises en saison régulière, les Poitevins espéraient briser le sort. Mais le scénario s’est répété, implacable : une défaite sèche en trois sets (18-25, 22-25, 18-25), sans véritable contestation possible. Car face à eux, les Héraultais ont livré une prestation pétrie de maitrise, presque clinique. Une équipe froide sans état d'âme face à leur victime du soir. « Ils ne descendent jamais d’intensité », résumait lucidement Dan Lewis. Et c’est bien là toute la différence. Là où Poitiers alterne, Montpellier déroule. Sans trembler. Sur tous les secteurs, le rapport de force a penché. « Si on perd la bataille du service et de la réception, ça devient très compliqué », constatait l’entraîneur poitevin. Et ils l'ont fait avec brio dès le premier set. Dans celui-ci les Héraultais imposent leur loi, sans contestation possible : « Il fallait qu'on commence très fort. Si on leur laissait le premier set chez eux, dans une ambiance aussi folle, on était mort", analyse Nicolas Le Goff, présent lors du dernier sacre de Montpellier en 2022.

Pujol, encore lui

Pour alléger la note et s'imposer dans le prochain acte, il faudra trouver des solutions. A minima changer de tactique pour Dan Lewis, sinon la sentence risque d'être salée. Il pourra toutefois s'appuyer sur des piliers parvenus à tirer leur épingle du jeu. À l'image d'un Thomas Pujol, révolté dès le coup d'envoi retentissant dans un chaudron Lawson-Body une énième fois en fusion. L'international français conclut sa soirée avec 17 points dans la besace. Seule véritable éclaircie dans ce brouillard, il a emmené dans son sillage le pointu américain Kobrine, qui a lui aussi pesé sur les défenses héraultaises, même si son bilan comptable (6 points) n'atteint pas les standards auxquels il nous a habitués. Deux faits de match auront pesé en défaveur des locaux. Premier set, à 16-19, l'espoir renaît. Mais une décision arbitrale oblige Picard à remettre un service victorieux, qu'il verra hors terrain lors de sa deuxième tentative. Dès lors, les Poitevins resteront cloués au score jusqu'au 18-25 fatal. Puis, deuxième set, la luxation de l'épaule du Koloss allemand Lukas Maase sur un service. Un énième coup de massue.

Le trio de tête

Que dire de cette équipe héraultaise ? Clinique, létale, physique… Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier une copie à laquelle on pourrait aisément accorder une mention très bien, supplément félicitations du jury. Au moment de répondre aux offensives poitevines, les Héraultais ont largement dominé la bataille aérienne, avec une densité impressionnante au contre. Dans les tribunes comme sur le terrain, le constat est unanime. Thomas Pujol lui-même en convient : « Quand tu alignes une ligne de block avec Le Goff, Hirsch et Palacios… c’est très compliqué de trouver des solutions. » Une évidence tant chaque tentative poitevine semblait vouée à être freinée, déviée ou annihilée. En deuxième rideau, Loïc Le Marrec a pu assister au festival de l'un de ses joueurs : Matis Sanchez. 1m73 d'inspiration, de génie, d'excentricité qui auront distribué des ballons bien sentis à la pelle pour mettre ses coéquipiers dans les meilleures dispositions. Ajoutez dans l'équation, l'homme du match en la personne de Lopez Pascual impérial, au moment d'enfoncer le cuir côté adverse, et l'on obtient une partie dans laquelle Poitiers n'a jamais vraiment espéré en quoi que ce soit.

Un exploit ou la fin

Poitiers est désormais dos au mur. Pour espérer renverser cette finale, il faudra réaliser l’exploit : s’imposer à Montpellier, avec la même autorité, pour arracher un match d’appui. Une mission presque impossible au vu de cette première manche. Mais l'Alterna nous a appris à croire en nos rêves, et même en ceux les plus fous. Alors sait-on jamais. « On peut changer la dynamique. J’ai confiance à 100 % qu’on peut le faire. On l’a déjà fait », rappelle Franco Massimino.

 

À lire aussi ...