Ancien agriculteur, Christophe Moricet est aujourd'hui à la tête de trois magasins de fleurs à Poitiers, Buxerolles et Châtellerault. A ses côtés, son épouse et ses filles œuvrent à la survie d'une profession particulièrement chahutée depuis la période Covid.
Trois magasins, six salariés en plus de lui-même, quatre apprentis éduqués aux vertus du positivisme et de l'entrain... Christophe Moricet l'avoue, il ne peut pas se plaindre. « Quand on voit que depuis le Covid, la profession a perdu la moitié de ses effectifs, je me dis que je m'en sors bien. »
Fleuriste ? Un rôle de composition pour celui qui, longtemps, a préféré les panaches de céréales aux bouquets d'églantines. Une passion, surtout, devenue viscérale pour la quasi-totalité de la famille Moricet. « C'est à l'initiative d'une de mes quatre filles qu'il y a onze ans, j'ai craqué devant un local à louer à la Demi-Lune, à Poitiers, et sous son impulsion que j'y ai créé un magasin de fleurs. »
Trois cent soixante-cinq jours exactement après ce saut dans l'inconnu, le 17 décembre 2016, Christophe et son épouse ont doublé la mise, en reprenant le magasin de la place des Castors, à Buxerolles. Depuis un an et demi et l'ouverture d'une nouvelle boutique à Châtellerault, ils voient même la vie en trois dimensions. L'ancien agriculteur-carreleur-maçon-artisan-à-tout-faire savoure. « Les
fleurs sont devenues un luxe pour nombre de nos concitoyens. En vendre est tout sauf une sinécure. Mais pour moi, c'est un plaisir sans fin. Un plaisir d'autant plus grand que nous le partageons aujourd'hui au quotidien avec deux de nos filles. » Eugénie, 22 ans, titulaire d'un Bac pro en... cuisine, aujourd'hui responsable commerciale de l'entreprise familiale. Et la petite dernière, Jade,
A17 ans, récente médaillée d'argent aux sélections départementales d'Un des Meilleurs apprentis de France.
Dans l'attente du CAP
Jade ? De la graine de championne, affirme son papa.
« C'est la seule, vu son âge, qui soit tombée dedans toute petite, rappelle Christophe. Elle a la fleuristerie dans le sang, la connaissance des essences, des parfums, des origines, elle a la technique des assemblages, la créativité et, surtout, elle a l'esprit maison. Cette qualité qui fait, je crois, la force de notre petite entreprise : l'écoute et l'adaptabilité aux attentes du client. »
L'élève du Centre de formation d’apprentis de Saint-Benoît, en apprentissage chez elle, au Bonheur des Plantes, a passé les épreuves du CAP il y a une dizaine de jours. A l'heure où nous écrivons ces lignes, les résultats manquent encore à l'appel. Quelle importance puisque, quoi qu'il se soit passé hier, quoi qu'il arrive demain, la plus fine fleur de la dynastie Moricet est partie pour consacrer sa vie à la culture du bonheur.