L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef.
Quiconque a traversé l’été dans une bulle spatiotemporelle n’a sans doute pas eu vent de la colère qui gronde dans les casernes du pays. Chauffés à blanc par des incendies XXL (Gironde, Landes, Var…) et une canicule d’enfer, les pompiers tirent désormais la sonnette d’alarme. Moyens humains et matériels manquent à la pelle. Pas seulement des Canadairs, sources de toutes les polémiques politiques, mais aussi des masques, des équipements de protection individuelle, des camions… Et bien entendu, au premier chef, des soldats du feu en chair et en os. Ceux-là mêmes que l’on a vus lutter des jours entiers contre des brasiers incontrôlables dans le Sud-Ouest. Les pompiers de la Vienne ont apporté leur écot, par solidarité. Mais à l’heure des comptes, le compte n’y est plus selon les organisations syndicales. Leur colère s’exprime déjà sous la forme de banderoles devant les casernes et de slogans accrochés sur les camions. Il est urgent de les entendre car au-delà du secours à la personne, il y a fort à parier que le dérèglement climatique complexifie leurs tâches dans les années à venir. Sans négociations possibles.