Du bois dans la cheminée

Ecologique et économique, le chauffage au bois fait de plus en plus d'adeptes. S'il n'a déjà commencé, l'approvisionnement en bûches et/ou en chutes de coupe devrait battre son plein dans les semaines à venir.

Nicolas Boursier

Le7.info

42 000 hectares de forêt partis en fumée, des dizaines de milliers de résineux calcinés, demandant qu'on leur coupe la tête pour abréger leurs souffrances. Des gigantesques incendies de juillet dans le sud-Gironde -et dans bien d'autres régions de France-, subsistent des images de désolation et des peines inconsolables. A la peur, à l'apitoiement et à la réaction solidaire et citoyenne a pourtant bien vite succédé le temps de l'engagement politique. A assainir. A nettoyer. A rembourser aussi. Les arbres abattus ? Quitte à désorganiser la filière en la confrontant à une vraie course contre la montre, ils serviront. Pour les mieux conservés d'entre eux à la construction, pour les plus abîmés à l'industrie énergétique. Avec des conséquences sur les prix ? Au contraire, assurent les économistes de la filière. Puisque très vite, les stocks vont s'enrichir, l'offre en matière première va se retrouver dopée et la nécessité de vendre à moindre coût s'imposera d'elle-même.

En local, heureusement, ni incendie à déplorer, ni besoin impérieux d'approvisionnement extérieur. Notamment en résineux, pas vraiment en odeur de sainteté chez les propriétaires de poêles ou de cheminées. 
« Les résineux en général présentent le double inconvénient d'une combustion rapide, donc d'une forte consommation, et d'un faible pouvoir calorifique, éclaire Jessie Lepinois, dirigeante de Lepinois Bois Industrie. En plus, leurs fumées ont tendance à encrasser les conduits. »

Plus c'est petit, 
plus c'est cher !

Aux sapins et épicéas, la PME chauvinoise préfère, comme la majorité d'acteurs de la filière, les feuillus, durs au cœur, à combustion lente. Un peu d'hêtre et de charme, beaucoup de chêne, « qui représente à peu près 80% de la production des exploitants forestiers avec lesquels nous travaillons, dans la Vienne, l'Indre voisine et quelques autres parcelles de Nouvelle-Aquitaine », 
poursuit la patronne. « Pour les particuliers, reprend-elle, nous proposons des palettes, à collecter directement au magasin, mais aussi livrables à domicile, d'un stère et demi de bûches de 50cm ou de deux stères en 33cm. » 


Petit rappel mathématique : plus la bûche est petite, plus les travaux de coupe ont été importants, plus le prix à l'achat sera élevé. « Hors livraison, nous sommes à 150€ la palette en 50cm, à 200€ celle de 33cm », convient Jessie Lepinois. Sont également accessibles des chutes de coupe en 15-20cm. Et ce qu'elle ne vend pas aux particuliers 
(15% de son chiffre d'affaires), Lepinois Bois Industrie le confie à de grandes enseignes distributrices (Bricomarché, Gamm Vert, Castorama...) pour garnir leurs rayons en toutes saisons, en cette fin d'été tout particulièrement.

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