Stop ou encore ?

Olivier Pouvreau revient pour une nouvelle saison de ses carnets de nature, plus que jamais nécessaires après l’été que nous venons de vivre.

Le7.info

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Après l’enchaînement de six canicules cette année, il ressort avec acuité que l’incohérence de nos modes de vie devrait être posée comme un problème et une urgence par ceux qui nous dirigent. Cette incohérence consiste à devoir supporter l’épreuve des canicules tout en continuant à les favoriser par nos émissions de gaz à effet de serre, qu’elles soient par exemple dues à notre usage du moteur thermique ou à notre goût pour la viande d’élevage. Comment régler cette contradiction de l’arroseur arrosé ? D’aucuns -les plus individualistes d’entre-nous- vont jusqu’à se divertir des incidences du réchauffement climatique tant qu’elles n’ébranlent pas leur liberté de jouir. La (désormais) célèbre photo du couple de touristes profitant de la plage tout en assistant à la scène des mégafeux de forêt landais représente à elle seule l’allégorie de ce type humain que l’on peut qualifier de spectateur de catastrophe. Loin de cette passivité barbare, nous sommes légion à réaliser notre participation au réchauffement climatique mais cette réalisation est en fin de compte écrasée par le mimétisme social. Il faut bien avouer qu’il est difficile pour nos cerveaux routiniers de changer, ne serait-ce que de tenter de décentrer un peu sa propre vie pour la rendre plus écologique. Surtout, cette difficulté est accentuée par un manque de moyens, une absence de planification écologique qui proposerait aux gens des alternatives non ou peu émettrices de gaz à effet de serre. Nous avons besoin d’un programme d’Etat sérieux, ambitieux et efficace qui utiliserait à grande échelle la créativité et l’imagination déjà à l’œuvre dans la société (favoriser l’agroécologie, les circuits courts, le chemin de fer plutôt que l’aviation, maintenir les aides à l’isolation thermique etc.) pour nous sortir de cette schizophrénie.

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