Renaud Gourdon : « Poitiers a le niveau pour être en National »

Le Stade poitevin rugby repart sur un nouveau cycle avec le manager général Renaud Gourdon à sa tête. L’ancien trois-quart du club veut insuffler de l’ambition à tous les étages.

Arnault Varanne

Le7.info

Dimanche, Poitiers a démarré une nouvelle saison en Fédérale 3 par un succès prometteur sur Rochefort (51-20), à Rebeilleau. Après un exercice 2025-2026 pas à la hauteur des attentes (5e de la saison régulière, élimination en barrages de phases finales), le Stade a confié les clés de son avenir à Renaud Gourdon, embauché en contrat à durée indéterminée. 
« Une volonté du club, explique le Charentais. A titre personnel, je veux m’inscrire dans un cycle de minimum trois ans pour mettre des choses en place. »

L’ex-coach du C’Chartres (Fédérale 1, Fédérale 2) a la culture de la gagne depuis l’arrêt de sa carrière de joueur… au Stade poitevin, en 2001 : quatre montées en Fédérale 1 et une en Pro D2 avec le SA XV Charente Rugby. Etonnant donc de le voir revenir « au bercail », alors même qu’il avait prolongé son bail jusqu’en 2028 en Eure-et-Loir. « J’ai le goût du challenge et j’ai vraiment aimé le discours des dirigeants. Quand je choisis un projet, je regarde l’outil et ma capacité à me projeter pour le faire grandir. » 
Pour lui, le centenaire est loin d’avoir atteint son potentiel en Fédérale 3, septième division française. « Je suis convaincu que Poitiers a le niveau pour être en National. » Et tant pis si 2026-2027 sera une année 
de « transition » avec la refonte des championnats, qui implique qu’aucun pensionnaire de la division ne grimpera d’un étage au printemps 2027. Les huit premiers de chaque poule iront vers la Promotion nationale la saison prochaine, les deux derniers vers la Régionale 1.

Projet global

Le nouveau manager général a amené dans ses bagages l’un de ses fidèles adjoints, Ivan Kitutu, et trois joueurs du C’Chartres : le 3e ligne centre Kalvin Lachasse, le talonneur Nathan Henry et l’arrière Arnaud Villeneuve. 
« J’ai aussi fait venir le pilier droit Jeremias Tarter, qui jouait en Espagne, et Lucas Dambola, un deuxième ligne très grand (1,98m) en provenance d’Italie. Ce sont des profils que nous n’avions pas au Stade. » Le centre Jimmy Buch, en provenance de Niort, les deuxièmes lignes Antonin Hubert (Blois) et Simon Tauzin (Bazas) ou encore le demi d’ouverture Paul Soulignac (Pessac) se sont aussi engagés sous les couleurs du Stade.

De « ses » recrues comme des anciens, Renaud Gourdon exige « du travail, encore du travail » 
et de la discipline, sur et en dehors des prés. « On fait la fête quand on a quelque chose à fêter. C’est important que tout le monde retrouve le plaisir et le goût de la victoire. » La première échéance s’est bien déroulée, comme les matchs amicaux. Mais pas de quoi rassasier l’ambitieux Renaud Gourdon pour qui « la vitrine du club doit être belle et séduisante ». 
D’où la volonté de travailler en amont sur les catégories de jeunes, avec l’idée de « donner envie » aux plus doués d’évoluer à Rebeilleau plutôt qu’à Angoulême ou La Rochelle. « La performance demande de faire des choix difficiles, de prendre des décisions impopulaires. Je les assumerai. »

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