En France, les pompiers ont entamé une grève la semaine dernière, qui doit déboucher sur une grande mobilisation le 29 septembre. Dans la Vienne, les organisations syndicales revendiquent une hausse des moyens humains. Selon les syndicats, il manquerait aujourd’hui vingt pompiers professionnels.

Pierre Bujeau

Le7.info

Ils étaient sur tous les fronts cet été. Au plus près des flammes, auprès des habitants sinistrés et à l’ouverture des journaux télévisés. Couverts de louanges en ces mois de canicule et d’incendies hors norme, les pompiers comptent désormais profiter de cette exposition pour se faire entendre. Leur colère couve depuis trop longtemps et s’exprimera le 29 septembre, à Paris. Pourtant peu habitués à battre le pavé et à se mettre en grève, les sapeurs-pompiers, à l’échelle nationale comme locale, se disent « en colère » et de moins en moins capables d’accomplir leur mission première. Un mouvement de grève a débuté le 8 septembre, il est prévu pour durer jusqu’au 
20 octobre. « Vous trouvez cela normal de voir des particuliers et des agriculteurs lutter contre le feu en Gironde ?, questionne Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des pompiers, présent devant la Fédération Autonome à Poitiers le 3 septembre. Nous le vivons comme une faillite, en grande partie organisée par l’État. »


Aux sources de la colère

En avril puis en juin, la CGT avait interpellé le président du Département, le préfet et les élus via plusieurs communiqués. Dans l’un d’eux, le syndicat lançait une « alerte solennelle » : 
le Sdis serait « à la limite de la rupture opérationnelle ». Des mots forts, mais que les représentants syndicaux estiment pleinement mesurés au regard d’une situation qui ne cesse de se dégrader. Avant même de parler d'équipements ou de conditions de travail, c’est donc du côté des budgets que le bât blesse. « La contribution de la collectivité (le Département, ndlr) a baissé progressivement à partir de 2019 », explique Benjamin Moraud, président de la Fédération Autonome 86. Face à une première mobilisation intervenue en mars dernier, le Département a proposé une rallonge de 500 000€ par an pendant trois ans, jusqu’en 2028. Une réponse jugée encore insuffisante par les pompiers. Avec, selon eux, des conséquences très concrètes sur le terrain. « Les camions et les équipements, on les a. Ce sont les gars dedans qu'il nous faut. Au minimum vingt pompiers professionnels supplémentaires dans la Vienne », estime Delphine Renaud, secrétaire générale de la CGT du Sdis 86. Faute de moyens humains, les pompiers professionnels ne peuvent s’en remettre qu’à la seule chance de ne pas avoir une accumulation de demandes ou, pour les particuliers, de ne pas habiter trop loin d’un centre de secours. « Il existe des zones blanches dans le département. S’il y a un arrêt cardiaque à Charroux, par exemple, il y a de fortes chances que la victime soit perdue pour la France. » Un constat qui se traduit selon elle par une augmentation inexorable des délais d’intervention. À Paris, ceux-ci seraient de l’ordre de six minutes. En territoire rural, ils peuvent aisément atteindre trente minutes. À cela s’ajoute le manque chronique de volontaires disponibles en semaine entre 7h et 19h. Des périodes durant lesquelles certaines zones du département reposent essentiellement sur les casernes professionnelles de Poitiers et Châtellerault.v

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