Basket/Elite 2 - Une rentrée manquée pour le PB86

Le PB86 a manqué son entrée en matière en Elite 2. Portés par une préparation invaincue et une salle Jean-Pierre-Garnier à guichets fermés, les Poitevins ont finalement été dominés de la tête et des épaules par des Ébroïciens vaillants et roublards (80-86).

Pierre Bujeau

Le7.info

On aurait pu croire qu’Évreux était l’adversaire idéal pour lancer la saison poitevine. Les Normands, maintenus in extremis la saison passée, ont profondément remodelé leur effectif et ne comptent plus que deux visages connus de l’exercice précédent. Sur le papier, le rendez-vous semblait donc à la portée des hommes d’Andy Thornton-Jones. Sur le parquet, il en fut tout autrement. Dominé dans l’intensité et trop friable défensivement, le PB86 s’est incliné pour son premier match de la saison (80-86). La salle Jean-Pierre-Garnier avait pourtant fait le plein. Pour cette première à domicile, les Poitevins voulaient prolonger la belle histoire du printemps dernier, déjà entretenue par une préparation sans fausse note. Le tube de l’été était parfaitement lancé. Mais la première de la saison officielle a pris une autre tournure.

Dans le jeu

Les premières minutes ont pourtant laissé entrevoir quelques promesses. Imanol Prot (14 pts), déjà inspiré à longue distance (4/8 à trois points), a rapidement pris les commandes. Trois tirs primés et huit points dans le premier quart-temps ont permis aux Poitevins de prendre jusqu’à neuf longueurs d’avance (21-12). Mais le matelas s’est rapidement consumé et les Normands sont revenus dans le rétroviseur (24-23). La faute à trop d’approximations, dans tous les compartiments du jeu. Trop de fautes, d’abord. Les Poitevins en ont commis 22 au total et ont offert 16 points sur la ligne des lancers francs. Trop de rebonds abandonnés, ensuite. Et surtout, une défense trop tendre qui a permis aux Normands de trouver des espaces et de prendre confiance derrière l’arc. Évreux a tenté 23 tirs à trois points pour 10 réussites. Rigo Edzata et Jagan Mosely, tous deux habitués des parquets d’Elite 2, ont profité des largesses poitevines pour inscrire chacun 20 points. Les Normands ont progressivement pris les manettes du match. A la pause, ils comptaient sept longueurs d’avance (44-51). Côté poitevin, il fallait alors s’en remettre à la colonne vertébrale de la saison passée, avec Imanol Prot, Kevin Harley, Ivan Ramjak et Jordan Ratton. Et à Noel Brown, pour sa première sortie en championnat sous le maillot du PB86, l’Américain a livré une prestation précieuse avec 18 points et un sans-faute à deux points.

Une fin sans faim

Le troisième quart-temps a pourtant laissé entrevoir un dernier espoir. Les Poitevins sont revenus à hauteur (61-61), portés notamment par Prot, mais n’ont jamais réussi à prendre définitivement le dessus. A chaque retour, Évreux a trouvé la réponse. Une nouvelle fois, les espaces laissés dans la raquette et les tirs ouverts ont fini par coûter cher. La dernière période a finalement ressemblé à un long chemin de croix. A neuf, puis douze longueurs, l’écart est devenu trop important. Malgré les efforts de Chris Dauby (18 points) et Jordan Ratton (7 points) dans les dernières minutes, Poitiers n’a jamais retrouvé suffisamment de précision ni d’intensité pour inverser le cours de la rencontre. Une rentrée manquée, donc. Et une nouvelle fois, le PB86 démarre sa saison par une défaite, comme lors des trois derniers exercices. Keny Vado, Isaac Guedegbe et Matthys Mahop ont découvert le niveau Elite 2 dans une rencontre où chaque hésitation s’est payée comptant. « On est encore dans l’apprentissage », soufflait le technicien poitevin. Mais l’apprentissage devra être rapide. Car dès la prochaine journée, le PB86 aura rendez-vous samedi 3 octobre avec un autre morceau de choix, Blois, au Jeu de Paume.

Raisons de la défaite ? Pourquoi cette équipe d’Évreux, qui semblait pourtant à la portée du PB86, a-t-elle réussi à repartir avec la victoire ? Un manque d’intensité, peut-être. « On n’a pas semblé aussi morts de faim que face à d’autres équipes en préparation », reconnaissait Chris Dauby après la rencontre. Une différence d’attitude qui s’est notamment ressentie dans les duels et au rebond. Pour une équipe profondément renouvelée, l’absence de Keaston Willis, retenu pour un congé parental, a également pesé dans les rotations et les plans de jeu. « Sans trouver d’excuses, ça a désorganisé nos plans de jeu », estimait Dauby. Andy Thornton-Jones abondait dans son sens : « Keaston crée des espaces. Leur absence n'a pas aidée la équipe. Notamment nos jeunes arrières, il arrive à les faire jouer. C'est un repère pour eux » Le technicien anglo-saxon est également revenu sur l’état de forme de Noel Brown, diminué par un virus avant la rencontre. Malgré cela, l’Américain a été l’une des rares satisfactions de cette première sortie. 

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