Aujourd'hui
Garance : jusqu’à l’ivresse
Alcool, amour et addiction : tels sont les ingrédients de Garance, le nouveau long-métrage de Jeanne Herry, qui suit le parcours d’une jeune actrice en proie à une dépendance à l’alcool.
Après Pupille et Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry revient derrière la caméra et présente son nouveau long-métrage, Garance. Après avoir traité de l’aide sociale à l’enfance et de la justice restaurative, la réalisatrice s’attaque cette fois à une thématique tout aussi sombre : l’alcool et ses ravages. Garance (Adèle Exarchopoulos) est une jeune actrice, mais pas encore la vedette qu'elle a toujours rêvé d'être. Elle fait de son mieux pour s’en sortir, trouvant réconfort et soutien dans l’alcool. Vivant au jour le jour dans un petit appartement parisien, la jeune femme se sent de plus en plus étouffée par des relations éphémères, une anxiété grandissante et une dépendance à l'alcool qui envahit peu à peu son quotidien. Mais Garance va faire la rencontre de Pauline, une relation qui va changer sa vie. Présentée en compétition lors du Festival de Cannes 2026, l’œuvre se veut particulièrement réaliste. Jeanne Herry a rencontré une femme confrontée à l’alcoolisme pour mieux cerner cette addiction. L’histoire s’inspire fortement de la trajectoire de cette jeune femme. Dès les premières minutes, le spectateur est plongé dans le quotidien de Garance, rythmé notamment par les soirées parisiennes. Métro, boulot, dodo, mais surtout fête et alcool : le cadre est immédiatement posé. Le film se déroule sur une période de huit ans. Ses relations évoluent, elle déménage, tisse de nouveaux liens, mais une chose reste : son verre d’alcool. Le long-métrage est porté par Adèle Exarchopoulos, qui apporte beaucoup d’émotion et de complexité, mais surtout d’empathie à son personnage. Une justesse d’interprétation qui renforce la crédibilité de l’œuvre. Sa romance avec Pauline, interprétée par Sara Giraudeau, amène une dose de tendresse dans la vie sombre de Garance.
Le récit aborde de nombreuses thématiques liées aux ravages causés par l’alcool. Garance passe par plusieurs phases, notamment le déni de son addiction et le refus d’être aidée. L’impact sur le corps et la santé mais aussi les répercussions sur les proches de la jeune femme mettent en lumière les dommages collatéraux liés à cette dépendance. La solitude occupe également une place centrale. Garance cherche constamment à être entourée des gens qu’elle aime. Un véritable film à tiroirs, donc. Toutes ces thématiques contribuent à en faire un long-métrage humain et émouvant. Avec Garance, Jeanne Herry signe donc une œuvre touchante et réaliste, qui pourrait faire écho à celles et ceux qui ont connu l’alcoolisme ou qui luttent aujourd’hui contre une addiction. Un film à consommer, sans modération.
Drame de Jeanne Herry avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud (1h55).
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