Après un été où il s’est fait discret, le moustique tigre a fait son retour en force avec les premières pluies de septembre. Dans la Vienne, de nombreux habitants constatent une prolifération et l’inaction des pouvoirs publics.

Pierre Bujeau

Le7.info

« C’est invivable. » « Je vis un enfer. » « Je ne peux plus sortir de chez moi. » « Mes enfants se font dévorer. » Début septembre, Alexia Trésorier et des milliers d’internautes se sont lâchés sur Facebook. Objet de leur colère : la prolifération inédite du moustique tigre. « C’est la première année où l’on voit ça. Ces moustiques tigres nous obligent à rester cloîtrés chez nous », explique la modératrice du compte Châtellerault City, qui comptait bien profiter des derniers jours de soleil. Avant l’été, l’Agence régionale de santé a pourtant multiplié les rendez-vous d’information à Buxerolles, Vouillé ou encore Fontaine-le-Comte, en vain. La situation résulterait de deux phénomènes qui, en s’additionnant, ont favorisé une arrivée particulièrement brutale du nuisible. Le premier est météorologique. « On ne l’a pas beaucoup vu de l’été parce qu’il n’y a quasiment pas eu d’averses. Dès lors que les précipitations du mois de septembre se sont accélérées et ont rempli les vases, les gouttières et autres récipients extérieurs, il est arrivé de manière très soudaine », 
explique Maxime Robert, ingénieur d'études sanitaires à l'ARS Nouvelle-Aquitaine. A cela s’ajoute un phénomène de diffusion progressive. « Les deux premières années d’implantation, le moustique vise des quartiers assez spécifiques et certaines zones. Lorsqu’il est implanté depuis trois ou quatre ans sur un territoire, la nuisance tend à se généraliser », 
poursuit-il. 


« A part former 
nos agents… »

Las de se gratter les chevilles et de vivre en permanence avec un ventilateur, certains habitants pointent désormais du doigt l’inaction des pouvoirs publics. « Il faut faire quelque chose. On a tout essayé de notre côté, les huiles essentielles, les sprays… Ils sont les seuls à pouvoir mettre en place des opérations de démoustication », peste Alexia Trésorier. Plusieurs communes ont entrepris d’étudier les possibilités d’action. Mais la démoustication ne peut être engagée que sous certaines conditions, notamment lorsque la présence d’un virus transmis par le moustique est détectée(*). « Devant l’ampleur du sujet, j’ai consulté les solutions possibles. Il y a bien le lâcher de moustiques mâles stériles, mais on parle d’une solution à plus de 100 000€ », 
explique Gérald Blanchard, maire de Buxerolles, l’une des 37 communes colonisées par le moustique en début d’année 2026. En 2024, elles étaient 
17, selon le ministère de la Santé. Une solution coûteuse, qui ne permettrait par ailleurs pas de régler définitivement le problème à l’échelle d’une seule commune, le moustique ne connaissant pas encore les frontières administratives. « A part former nos agents et insister sur la prévention, on ne peut pas faire grand-chose. »


(*)Comme ce fut le cas il y a quelques jours à La Rochelle avec un lycéen atteint du chikungunya après avoir été piqué par un moustique tigre.

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