La colère sociale dans la rue, plus de 2 000 manifestants à Poitiers
Pierre Bujeau

Le7.info

A Poitiers, plusieurs lycées ont été bloqués ce matin, tout comme des bâtiments de l'université. A 13 heures, les premiers étudiants se sont rassemblés sur le campus. Puis, au fil de l’après-midi, les différents cortèges ont convergé vers la préfecture pour ne former qu’une seule et même mobilisation aux alentours de 15 heures. Une image symbolique, tant les revendications portées ce mardi dépassent largement les murs de l’université. Étudiants, enseignants, pompiers, agents publics ou personnels de santé… Des professions et des générations que peu de choses réunissent habituellement se sont retrouvées dans la rue, avec un même sentiment de ras-le-bol. A deux jours de la présentation du projet de budget 2027, les organisations syndicales représentatives de la fonction publique (CGT, Unsa Solidaires, FSU...) appelaient à la mobilisation pour réclamer davantage de moyens, des mesures salariales et de meilleures conditions de travail. Le gouvernement a notamment annoncé le gel du point d’indice des fonctionnaires en 2027.

2 000 personnes dans la rue

A Poitiers, les étudiants ont choisi de se joindre au mouvement. « L’université est un bien commun et on est directement concernés par les coupes budgétaires », explique Robbin Plantet, 21 ans, étudiant et élu de Solidaires étudiant. Il pointe notamment la suppression de certaines formations et de places en licence et en master, mais aussi l’augmentation des effectifs dans les travaux dirigés. La question de la suppression des aides personnelles au logement (APL) pour les étudiants extra-communautaires et la hausse des droits d’inscription de ces mêmes étudiants figuraientt également parmi les revendications mises en avant. Robbin Plantet dénonce un projet qu’il considère comme discriminatoire. « Ils font partie des étudiants les plus précarisés », estime-t-il, appelant à défendre une université accessible à tous. Partis à un peu plus d’une centaine du campus, selon le syndicaliste étudiant, les manifestants ont ensuite rejoint le cortège interprofessionnel. Plus de 2 000 personnes se sont alors massées devant la préfecture, sous les yeux d’une vingtaine de membres des forces de l’ordre. Ces derniers n'ont pas eu à faire usage de la force selon le capitaine Yannick Monteil : « Nous avons interpellé un manifestant ce matin devant le lycée Nelson Mandela. Quelques feux de poubelles mais rien de plus. » Et la mobilisation pourrait encore s’élargir.

Nouvelle séquence ? 

Des agriculteurs sont attendus ce mardi soir devant la préfecture, à l’appel de la Coordination rurale de la Vienne. Reste désormais à savoir si cette journée constituera un simple coup de semonce ou le point de départ d’un mouvement plus durable, alors que sur les réseaux sociaux, plusieurs groupes et publications appellent à réveiller la mobilisation des Gilets jaunes. Si nouvelle séquence il y a, elle devrait se préciser jeudi, avec la présentation officielle du projet de budget 2027 à Bercy.

 

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