Aujourd'hui
Un mois après le début de la mobilisation lycéenne, la colère ne désemplit pas. Ce samedi 17 octobre, malgré les vacances scolaires, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Poitiers. Deux rassemblements étaient organisés en début d’après-midi, à la Porte de Paris et au rond-point d’Auchan Sud, où plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés avant de prendre la direction du centre-ville. Lycéens, étudiants, travailleurs, retraités et agriculteurs ont rejoint les rangs, marqués aussi par le retour des Gilets jaunes. Pour Elsa, étudiante en licence de chimie, cette mobilisation traduit surtout « un ras-le-bol général ». « Ce n’est que le début, on a envie d’aller jusqu’au bout », assure-t-elle, évoquant notamment la hausse du coût de la vie. De retour dans la rue avec son gilet jaune, Patrick estime que « les clivages politiques » doivent être mis de côté. « Ce sont les jeunes qui ont initié la révolte, ils sont en train de réveiller tout le monde », affirme l’ancien Gilet jaune. Une convergence également visible du côté du monde agricole. Thomas, agriculteur et syndiqué à la Confédération paysanne, estime que « comme une grande partie de la population, on n’arrive tout simplement plus à vivre ».
Une fin de journée qui a dégénéré
Rassemblés dès 14 heures à Poitiers Sud, les nombreux manifestants ont remonté l’avenue du 8-Mai-1945 en direction du centre-ville. Au fil du parcours, le cortège a grossi, salué par des passants. « Allez la jeunesse, défendez-vous », lance une habitante sortie de chez elle pour encourager les manifestants. Vers 16 heures, le cortège est arrivé devant la préfecture. Après un début de mobilisation dans le calme, la situation s’est tendue dans l’après-midi, avec plusieurs tirs de gaz lacrymogène des forces de l’ordre en réponse à des individus venus en découdre. Les tensions se sont poursuivies en soirée, avec des scènes de violence et des dégradations dans le centre-ville. Le magasin Foot Locker a notamment été vandalisé. La vitrine de Sephora, rue Gambetta, a également été prise pour cible.
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