Opéra/Sanxay - Christophe Blugeon : "Un casting de rêve"

Carmen marquera les retrouvailles des Soirées lyriques de Sanxay avec son public. Trois représentations sont prévues cette semaine, les 10, 12 et 14 août. Christophe Blugeon, directeur artistique du festival, revient sur cette renaissance de l'opéra dans la Vienne et les conditions d'organisation de ce spectacle hors norme en période de Covid.

Romain Mudrak

Le7.info

Entre incertitude liée au covid et pluie, comment organise-t-on une série de spectacles comme les Soirées lyriques ?
« C’est la 22e année qu’on fait Sanxay en plein-air, on est toujours soumis aux aléas de la météo. Ce n’est pas pire cette année, mis à part le service de jeudi soir, rien n’a été remis en cause. Le planning est respecté. La semaine s’annonce belle alors je n’ai pas  d’inquiétude. Côté Covid, on a eu le temps de se préparer. Notre jauge à 2 500 places est connue depuis longtemps. C’est du travail et des bénévoles en plus pour contrôler les pass sanitaires. Le Covid n’a pas non plus retardé la fabrication des décors. On est toujours sur la corde raide. La situation sanitaire évolue en permanence, ce qui peut engendrer des décisions gouvernementales. Le climat n’est pas serein, mais chaque année quand on organise un spectacle en plein-air comme Sanxay, on n’est jamais dans un climat de sérénité. »

Avez-vous rencontré des difficultés pour solliciter et faire venir les artistes ?
« Mon casting est bouclé depuis deux ans, avant même le premier cas de Covid. Au moins pour les solistes. En revanche, les danseurs espagnols de flamenco ont dû venir plus tôt en cas de mise à l’isolement afin de ne pas perdre toutes mes répétitions. C’est du stress aussi à chaque fois que les artistes sont testés. Je n’ai dû remplacer qu’un seul musicien déclaré positif, mais c’était heureusement avant le début des services. Ce n’est pas facile de trouver une flûte qui a déjà joué Carmen quarante-huit heures avant le début des répétitions mais ça aurait pu être bien pire. »

200 bénévoles participent à l’organisation des Soirées lyriques de Sanxay, dans de nombreux domaines. Après une année blanche, comment les remotiver ?
« Je n’ai pas l’impression que la situation sanitaire ait changé quoi que ce soit. C’est vrai que nos bénévoles sont relativement âgés, je pensais qu’ils auraient peut-être peur, mais il s’agit plutôt d’un moment de fête. Certains hébergent des artistes depuis vingt ans et attendent ce rendez-vous. Des amitiés se sont créées. »

Carmen est jouée pour la troisième fois à Sanxay. Cette pièce a-t-elle une dimension symbolique cette année ?
« Carmen est le seul opéra qui a été joué à Sanxay avant la création des Soirées lyriques. C’était en 1933 par la troupe de Bordeaux. C’est donc la quatrième production de Carmen. Cette œuvre forte que tout le monde connaît est idéale pour fêter nos retrouvailles après une année blanche. En outre, le plateau est tout à fait exceptionnel, aussi bien pour les quatre rôles principaux que pour les six rôles secondaires (lire ci-dessous). Le chef d’orchestre Roberto Rizzi-Brignoli a vraiment une carrure internationale. C’est un casting de rêve. »

Pour finir, l’Académie de chant des Soirées lyriques sert de formation pour le chœur d’enfants de Carmen. Comment repérez-vous ses membres ?
« Depuis plusieurs années, les Soirées lyriques mènent des actions de sensibilisation à l’opéra dans les écoles qui le souhaitent. Une vingtaine de séances sont réparties de novembre à mars et découpées en deux volets : de la pratique vocale et des rencontres avec des chanteurs ou des metteurs en scène. Je rencontre souvent des enfants motivés qui veulent continuer par la suite. Quand les parents suivent, c’est parfait. L’académie de chant compte une vingtaine de membres âgés de 8 à 15 ans. J’en profite pour lancer un appel. Toutes les écoles de la Vienne et des Deux-Sèvres peuvent candidater ! »

 


La mezzo-soprano géorgienne Ketevan Kemoklidze, lauréate du prix de Zarzuela au Concours Operalia 2008, est l’une des plus importantes Carmen de la scène lyrique actuelle, l’ayant déjà interprétée à Séville, Trieste, Dresde, Rome, Québec...
Le ténor azéri Azer Zada, dans le rôle de Don José, a été choisi par le chef d’orchestre Riccardo Muti pour incarner Radamès dans « Aïda », concert d’ouverture du Festival des Arènes de Vérone 2021 (19 et 22 juin).
La jeune soprane guatémaltèque Adriana Gonzalez, Micaëla, a remporté le premier prix et le prix de Zarzuela au Concours Operalia 2019 ; elle fait partie des chanteuses les plus prometteuses de sa génération.
Le baryton Florian Sempey, qui incarnera Escamillo, très connu du public français, est l'un des artistes lyriques les plus demandés de la scène internationale.


Distribution
Carmen : Ketevan Kemoklidze
Micaëla : Adriana Gonzalez
Frasquita : Charlotte Bonnet
Mercédès : Ahlima Mhamdi
Don José : Azer Zada
Escamillo : Florian Sempey
Le Dancaïre : Olivier Grand
Le Remendado : Alfred Bironien
Morales : Yoann Dubruque
Zuniga : Nika Guliashvili

Orchestre et choeur des Soirées Lyriques de Sanxay

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