Aéronautique / Ensma - Le P300 en vol de croisière

Depuis la fin 2019, des étudiants de l’Ensma se sont lancés dans la construction (presque) intégrale de leur propre avion biplace. Nouvelle étape : le montage du moteur et de l’empennage.

Le7.info

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L’assemblage du Pionner 300 Kite n’a rien d’un long fleuve tranquille. La Covid-19,
ses confinements à répétition et ses protocoles à géométrie variable ont sans cesse repoussé la fin du chantier débuté en septembre 2019. Trois présidents se sont succédé à la tête de l’Ensmair, l’association porteuse du projet, et chacun a dû remotiver ses troupes pour participer à cette aventure hors du commun. Cette année, ils sont une petite dizaine à s’investir en parallèle de leurs cursus et examens. Thibaud Buchy et Pierre Aoun, à peine la vingtaine, en deuxième année à l’Ensma, passent beaucoup de temps à l’aérodrome de Châtellerault, où est monté le P300 : « C’est bien simple, je vais en cours, je viens ici cinq fois par semaine et je retourne chez moi pour dormir », raconte ce dernier, qui a décroché son brevet de pilote à 17 ans.

Le chantier a continué tout l’hiver mais dans un coin chauffé du hangar. Le moteur a été entièrement raccordé. Bagues, durites, embouts divers et variés… Rien n’était inclus dans le kit de départ pour adapter les arrivées d’air, de carburant ou d’huile. Pierre est devenu un spécialiste de la mécanique. « Les responsables de construction doivent avoir une vision globale pour pouvoir guider les autres. J’ai lu et relu le manuel du moteur. Quand on s’occupera des instruments de vol, on s’appuiera sur Zach, le président du club Ensma space project, qui est passionné d’électronique. » L’empennage a également été posé ces dernières semaines. Dérive, volets, compensateur, tous ces éléments situés sur la queue de l’appareil servent à changer de direction et d’altitude.

Faire et défaire, c’est toujours travailler, paraît-il… Les ouvriers de ce chantier si particulier connaissent l’adage par cœur. « On passe énormément de temps à réparer ce que nous-mêmes ou les groupes précédents avons mal fait. Tout n’est pas indiqué dans le manuel », 
remarque Pierre. Heureusement, ils bénéficient de temps à autre du regard avisé des amateurs passionnés de l’aéroclub, comme Claude, retraité : « J’ai participé à la construction de trois avions et à l’entretien de huit appareils en tout. Je vois des choses grâce à mon expérience mais ces jeunes gens sont très motivés et ils ont envie de bien faire. » Selon lui, le moteur devrait bientôt « péter » pour faire décoller l’avion. Restera ensuite à raccorder les ailes tout juste sorties de l’atelier de peinture de l’Ensma, puis à installer les instruments de vol, dont la livraison accuse un peu de retard. La faute à la pénurie de composants ? Mystère. Pierre et les autres croisent les doigts.

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