Présidentielles : jeunes et engagés

Contrairement aux idées reçues, les jeunes générations s’intéressent à la politique dans ce qu’elle peut changer la vie des gens.

Arnault Varanne

Le7.info

Mathieu Rateau, 20 ans militant à La France Insoumise
« Mon engagement, c’est une longue histoire. Je m’intéresse à la politique depuis mes 14 ans, j’en ai presque 20. J’ai lu les programmes de la Présidentielle 2017, participé à une réunion du conseil municipal, chez moi à Rochefort… A l’époque, les militants étaient très surpris. Dans mes premières années de lycée, je me suis contenté de m’engager contre ParcourSup. Pendant la campagne des Européennes, je me suis retrouvé à co-animer la campagne de LFI à Rochefort. Après, j’ai soutenu une liste 100% citoyenne aux Municipales. Sciences Po Poitiers, c’est un débouché logique, naturel. J’ai contacté Jason Valente et je suis allé à une réunion, puis à deux avant de militer ici. (…) J’essaie de donner des débouchés politiques à mes idéaux. Si je n’en faisais pas, j’aurais l’impression de vider la mer avec un verre d’eau. Certains pensent que la politique ne sert à rien. Mais ce que fait LFI à l’Assemblée prouve qu’on peut faire bouger les choses. Etre élu un jour ? Ce serait prétentieux. A chacun sa place. »

Cléo Bignet, 20 ans en mai, adhérente aux Jeunes avec Macron
« Je suis Emmanuel Macron depuis 2016 intellectuellement. Je viens d’une famille intéressée par la politique. On en parle souvent. Mon engagement chez les Jeunes avec Macron est assez récent. L’élection présidentielle est l’occasion idéale, même si j’avais déjà tracté pour Anthony Brottier lors des Municipales (candidat LREM à Poitiers, ndlr). Je me sens intégrée au groupe. Sur le marché Notre-Dame, j’ai commencé à tracter, à échanger avec les gens, savoir ce qu’ils pensent du bilan du président... Il faut des jeunes en politique, ce n’est pas un monde de vieux et uniquement masculin. L’avenir, c’est nous ! Après, au-delà du terrain, beaucoup de choses se passent sur les réseaux sociaux aujourd’hui. Il faut arriver à convaincre, notamment les jeunes qui se désintéressent de cette élection. Un avenir en politique ? Députée européenne, ce doit être un mandat hyper-intéressant. Mais chaque chose en son temps... »

Alexandre Minot-Chartier, 27 ans, militant Europe Ecologie-Les Verts
« Je suis en école d’avocat, je terminerai en fin d’année. J’ai envie de défendre des valeurs humanistes et les droits fondamentaux dans ce métier. Mon engagement politique remonte au premier confinement. La façon dont la crise a été gérée sans nuance et sans écoute m’a dérangé. Le monde d’après qu’on nous a vendu ne vient toujours pas. Je suis entré dans un parti (EELV) et aussi chez Vienne Nature comme adhérent. L’écologie doit être à la base de tout projet aujourd’hui, pas le petit truc qu’on ajoute à la fin. Typiquement, la pollution de l’air coûte 1 000€ par an et par personne à l’Etat. A titre personnel, je suis engagé dans la campagne de Yannick Jadot comme co-référent régional. Ce dont je me rends compte, c’est que la politique fonctionne avec des symboles. Il faut envoyer les bons signaux au bon moment. Il n’y pas forcément beaucoup de place pour la nuance. Candidat un jour ? Oui. Mais la politique, c’est l’école de la patience, de l’incertitude, de la remise en question... »


Les représentants des jeunes soutiens de Valérie Pécresse et d'Eric Zemmour n'ont pas donné suite à nos demandes d'entretien. 

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