Aujourd'hui
Deux ouvriers d’une entreprise de menuiserie changent les fenêtres du couloir d’accès aux classes. A quelques mètres d’eux, des rires d’enfants émanent du centre de loisirs. Emilie Béchet les entend depuis sa classe. Elle s’apprête à effectuer sa dix-neuvième rentrée comme professeure des écoles, la dix-huitième au groupe scolaire Marcel-Ribbe (9 classes, 210 élèves) de Cenon. Si elle a mis les voiles le 7 juillet, l’enseignante a replongé début août dans ses chers cahiers avant de revenir le 22 août pour préparer sa classe. « On met en place des nouveautés pédagogiques et cela nécessite de refaire ses programmations sur l’année, d’imprimer du matériel, de le plastifier... » Idéal dans une école encore en sommeil avant les trois coups prévus jeudi. Avec un peu de stress à la clé ? « Non ! Depuis cinq-six ans, je n’ai plus la boule au ventre. Et comme mon dernier rendez-vous de carrière (inspection, ndlr) a eu lieu l’année dernière, je suis plus sereine. »
La sérénité est aussi liée au contexte sanitaire, plus apaisé en cette rentrée 2022-2023 où aucun protocole strict ne devrait plomber l’ambiance. « C’est évident que voir nos élèves sans masque, ça change beaucoup de choses. » Après presque vingt ans de carrière, Emilie Béchet garde une motivation intacte -« la petite flamme est toujours là »-, avec le souci de « sans cesse se remettre en question » pour coller aux attentes des élèves. Une question affleure cependant : « Est-ce que je ferai encore ce métier dans vingt ans ? » Question d’énergie, de mentalités qui changent aussi. Et encore la professeure des écoles n’a que 41 ans.
A Jean-Mermoz, à Poitiers, Anne Durpaire fête tous les ans son anniversaire « avec [m]es élèves ». Avec deux de ses collègues (Aurore Métais et Ingrid Fourdrignier), la directrice d’école a encadré le dispositif des Vacances apprenantes -entre lundi et vendredi derniers-, après s’être investie pendant plusieurs années dans les stages de réussite. « C’est tellement précieux pour ces enfants qui n’ont pas eu de vacances ! Ça leur permet d’apprendre en s’épanouissant ou de s’épanouir en apprenant, j’aime bien les deux formules. » La semaine dernière, ils ont été entre dix et vingt à rentrer avant les autres. Pour leur plus grand plaisir dans « l’école du bonheur », label à l’appui. Pas de stylo ni de cahier mais des jeux et du gain (de savoirs), l’air de rien. « Le sourire des enfants me comble, c’est une vraie motivation pour démarrer l’année scolaire, d’autant que le relationnel entre eux et avec nous n’est pas le même », ajoute la directrice. Pour elle comme pour eux, le réveil sera plus doux jeudi matin.
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