Tout va bien, un vent d’espoir

Profondément humain, le documentaire Tout va bien traite, sans tomber dans le misérabilisme, de la condition des mineurs isolés étrangers. Une proposition optimiste qui ne laissera personne indifférent.

Arnault Varanne

Le7.info

Tout quitter, leurs familles, leurs pays, leurs coutumes, leur innocence, dans l’espoir d’une vie meilleure. Voilà le pari de cinq adolescents âgés de 14 à 19 ans en migrant seuls vers Marseille. Un parcours du combattant avec ses doutes et ses découvertes pour ces jeunes qui, contre vents et marées, cherchent à trouver leur place.

Dans Tout va bien, Thomas Ellis prend le parti de mettre en scène la situation de mineurs isolés étrangers avec humanité. Ce film-documentaire retrace avec justesse les étapes de l’intégration, à travers les exemples d’Aminata, Guinéenne, Khalil, Algérien, Junior, Ivoirien, au même titre que les deux frères Tidiane et Abdoulaye. De l’accueil par les services sociaux à l’apprentissage de la langue, en passant par la formation à un nouveau métier, chaque étape représente un obstacle à gravir. Les mots Tout va bien qu’ils se répètent obstinément font office de planche de salut. Même s’ils ne se rencontrent jamais, ces ados partagent un souhait commun, celui de l’émancipation sociale. La cité phocéenne n’a évidemment pas été choisie par hasard vu le lien quasi-ontologique qu’elle entretient avec la migration. Les superbes prises de vues sur les reliefs de la ville se marient avec une bande-son aux rythmiques angoissantes. Les plans de la Méditerranée renvoient, eux, subtilement au traumatisme de la traversée.

Dans ce documentaire, le réalisateur propose un angle de vue humain et optimiste nécessaire face au traitement politico-médiatique des immigrés, souvent relégués au rang de masses informes. Une vision portée par des acteurs attachants, remarquables de sincérité, ce qui ne manquera pas de susciter l’émotion.

Film-documentaire de Thomas Ellis (1h26).

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