Nouvelle-Aquitaine : 
dix ans, quel bilan ?

Le 1er janvier 2016, le Poitou-Charentes, le Limousin et l’Aquitaine ont laissé la place à la région Nouvelle-Aquitaine, l’une des plus vastes de l’Hexagone. Bénéfique ou pas, les avis divergent.

Arnault Varanne

Le7.info

Le 27 janvier, Alain Rousset va souffler les dix ans de la Région à la Maison de la Nouvelle-Aquitaine à... Paris. Cocasse quand on connaît la farouche distance de l’élu socialiste à l’endroit du pouvoir parisien. Ce jour-là, il sera question de célébrer l’attractivité économique et touristique du territoire, « la puissance de la collaboration avec les entreprises », selon son cabinet. De fait, avec ses douze départements, 6,1 millions d’habitants et plus de 3,35Md€ de budget, la Nouvelle-Aquitaine pèse dans le paysage institutionnel. Pour mémoire, le Poitou-Charentes et ses quatre départements disposaient de 650M€ de budget. Côté effectifs, là aussi, les chiffres impressionnent : 
8 000 agents dont 1 138 dans la Vienne, répartis entre le siège (694) et les lycées (494). Des chiffres arrêtés au 30 juin 2025.

Emploi public : 
peu d’indices

Voilà pour le tableau général, sachant que les domaines de compétences ont évolué depuis la fusion entre Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine le 1er janvier 2016. Se sont notamment ajoutés la gestion des fonds européens et des zones Natura 2000. Autrement dit, difficile de dresser un bilan précis « avant-après ». Souvenons-nous quand même que la grande crainte de l’époque était la disparition de nombreux emplois publics à Poitiers. S’est-elle vérifiée ? Pour Ronan Nédelec, élu d’opposition, « on a perdu des emplois de cadres qui sont partis vers Bordeaux, avec forcément du pouvoir d’achat en moins pour la ville ». D’après une enquête de l’Insee, au 31 décembre 2017, le taux d’administration de la Vienne s’élevait encore à 103 agents de la fonction publique pour 1 000 habitants, soit le 3e taux de la Métropole derrière Paris et le territoire de Belfort. L’enquête publiée en 2020 n’évoque en revanche pas directement les conséquences de la fusion. 

« Un véritable 
jacobinisme girondin »

Par-delà une éventuelle « fuite des cerveaux » vers la Gironde, le président Alain Rousset loue la politique d’attractivité de la Nouvelle-Aquitaine et de soutien aux entreprises, aux acteurs culturels, centres de formation... « On a mis fin à cette spirale mortifère de fermeture de lycées, a-t-il rappelé vendredi lors de ses vœux. Et le patron de Nouvelle-Aquitaine de citer « la recréation d’une école des formations paramédicales à Poitiers pour 12M€ », « l’appui assez extraordinaire à XLim » ou encore « la réouverture du lycée Grand-Pont sur la formation à la restauration collective (30M€) » 
comme autant de réussites à mettre à son crédit.


Rien que lors de la dernière commission permanente, la collectivité a voté l’équivalent de 171M€ de subventions au bénéfice de 2 384 acteurs publics et privés. C’était 88M€ en septembre, 112M€ en juillet, 234M€ en avril... Pas suffisant pour Ronan Nédelec, qui considère que « la Vienne et les Deux-Sèvres sont les deux grandes oubliées » et regrette « un véritable jacobinisme girondin ». 
« Et puis, ajoute le conseiller régional, beaucoup de gens pensent que la région est trop grande, trop lointaine. »

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