Après une année 2025 particulièrement radieuse pour le marché immobilier, les perspectives semblent s’assombrir. Si les acquéreurs hésitent, les investisseurs, eux, saisissent les opportunités.
Dans l’immobilier, année d’élection rime rarement avec stabilité. Si 2025 a fait figure de rayon de soleil après plusieurs exercices bridés par l’après-Covid, 2026 n’incite guère à l’optimisme. Premier signal d’alerte : « Les taux sont à la hausse. Ils se situent aujourd’hui entre 3,2% et 3,5% pour un prêt sur 25 ans », explique Morgan Eugène Louis, consultant immobilier chez Efficity. Une évolution qui entraîne mécaniquement un ralentissement de la demande. Certains biens sont retirés de la vente faute d’acquéreurs, tandis que ces derniers, refroidis par un contexte politique et économique incertain, traquent la moindre économie. Les changements normatifs, entre les soubresauts du dispositif MaPrimeRénov’ et les exigences du diagnostic de performance énergétique (DPE), n’ont rien de rassurant. « Depuis un an, les particuliers font beaucoup plus attention à ce qu’ils achètent »,
observe Sophie Charles, du réseau IAD. Illustration concrète : une maison située avenue de Nantes, bien placée mais équipée d’un chauffage au fioul des années 1970 et affichant un DPE classé E, présentée comme nécessitant
« peu de travaux », n’a pas trouvé preneur chez les particuliers. Elle a finalement été acquise par un investisseur, plus aguerri aux nouvelles règles. Il prévoit d’y créer quatre appartements. « Ce type de bien aurait parfaitement convenu à un jeune couple, mais beaucoup renoncent face au coût des travaux et à l’envolée du prix des matériaux », souligne la professionnelle.
Retour des investisseurs
Autre signe révélateur : « Quand le marché se tend, les investisseurs montrent les dents. C’est exactement ce à quoi l’on assiste aujourd’hui », note Morgan Louis-Eugène. Le poids économique et administratif de Poitiers continue toutefois d’en faire une valeur refuge pour les investisseurs, d’autant plus lorsqu’on la compare à ses voisines. « Ils viennent de Tours, d’Angers ou de Bordeaux. Beaucoup reviennent investir à Poitiers parce qu’ils y ont des attaches et parce que l’investissement y est plus favorable », souligne Sophie Charles. À l’inverse, les acheteurs locaux désertent progressivement le centre-ville, où le prix médian au mètre carré pour une maison atteint 1 914€. Ils se tournent vers les communes de la petite couronne, comme Chasseneuil-du-Poitou (1 708€/m²) ou Migné-Auxances (1 732€/m²).
« Le neuf est quasiment à l’arrêt. Les acheteurs qui se positionnaient se reportent sur l’ancien, ce qui fait mécaniquement monter les prix », analyse Morgan Louis-Eugène. Côté appartements, la demande reste soutenue, notamment pour les T1 bis et T2, en particulier dans les secteurs de la Gibauderie et du CHU. Les hausses les plus marquées ont été observées à la Gibauderie (+ 2,8%, avec un prix médian de 2 469€ le mètre carré) et dans le secteur Saint-Éloi–Breuil-Mingot
(+ 2,7%, à 1 754€ le mètre carré).