Mattéo Chatillon change de braquet

Considéré comme l’une des étoiles montantes du rallye français, Mattéo Chatillon confirme les espoirs placés en lui. Cette saison, le pilote châtelleraudais franchit un cap en intégrant le WRC2, l’antichambre de l’élite mondiale.

Pierre Bujeau

Le7.info

En décembre 2023 (Le 7 n°630), Mattéo Chatillon était aux portes du haut niveau, engagé en Junior WRC, dernier palier avant l’arène professionnelle. Deux années ont passé, et avec elles des succès porteurs d’espoir. Pour sa première saison en WRC3, le pilote châtelleraudais s’est hissé au rang de vice-champion du monde en 2024. Une performance qui laissait entrevoir une année 2025 en 
forme d’apothéose, d’autant que Mattéo bénéficiait du soutien de l’écurie Alpine Racing. Mais en sport automobile, rien n'est jamais écrit. Une série de pépins mécaniques l’a obligé à jeter les gants. Plutôt que de ressasser l'échec passé, le pilote a choisi d’avancer. Nouveau défi, nouvelle catégorie : le WRC2. Un saut exigeant, d’autant plus que le salarié de Batisol, entreprise dirigée par son père Loïc, ancien pilote, change également de monture. Place désormais à la Škoda Fabia RS Rally2. Le bolide est équipé d’un moteur turbo 1,6 litre délivrant 
315 chevaux montés sur quatre roues motrices. « La voiture est plus facile à conduire », confie le pilote. Les premiers résultats sont prometteurs : une 5e place au Rallye Cœur de France et une 4e au Rallye hivernal du Dévoluy (5-7 décembre) permettent à l’équipage de poser les bases de la saison qui débutera à Monte Carlo le 22 janvier. « Nous avons créé une nouvelle équipe, la BatiRace. » Mais un élément, lui, demeure inchangé. Son ami dans la vie et son éclaireur sur la route : Maxence Cornuau. 
« Je ne me voyais pas partir sans lui. On a partagé des victoires comme des échecs. C’est ce vécu commun qui nous a menés jusqu’ici. »

8 manches sur 14

Finlande, Sardaigne, Portugal... Le calendrier du WRC2 compte quatorze manches, mais l’équipage n’en disputera que huit, sachant que seuls les six meilleurs résultats sont retenus pour établir le classement final. Une équation sportive, mais surtout financière. « Notre catégorie regroupe des professionnels et des semi-professionnels. Seuls les pilotes d’usine peuvent se permettre d’enchaîner le Portugal puis le Japon quinze jours plus tard », souligne Mattéo. Chaque manche représente un budget d’environ 65 000€. Cette saison, la Škoda vrombira donc uniquement sur les routes du Vieux Continent, contraintes budgétaires oblige… D’où l’importance stratégique du soutien des partenaires. Aujourd’hui, près de 120 entreprises accompagnent l’aventure. Un socle solide, mais encore fragile, tant le coût de l’excellence reste élevé.

Instagram : matteochatillon.

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