Deuil, paternité, succès… Cinq ans se sont écoulés depuis le succès de Palais d’Argile. Arthur Teboul, chanteur du groupe Feu! Chatterton, défendra Labyrinthe à l’Arena Futuroscope le 22 janvier. Il revient sur sa traversée du labyrinthe.
Vous revenez avec un disque aux sonorités très pop, assez éloignées de vos précédents projets. Quelles ont été vos principales influences ?
« L’hyperpop nous a donné un nouvel élan et une liberté inédite. Toute l’exubérance et la légèreté propres à ce courant, portées par des artistes comme Oklou, Billie Eilish ou Rosalía, nous ont donné de la force et stimulé notre esprit créatif. La pop obéit à certains codes que nous ne nous autorisions pas à transgresser auparavant. »
« On ressent
plus intensément la fragilité de
la vie. »
Vous êtes pourtant un groupe très attaché au poids des mots. Vous auriez pu vous enfermer dans cette posture de lyricistes…
« On travaille ensemble depuis quinze ans, donc on a créé des automatismes, des sortes de rituels. Et c’est dangereux parce que la facilité, c’est de refaire ce que l’on a déjà fait. Mais la jeunesse nous inspire énormément et nous sommes très curieux, tout en restant d’immenses fans de Brassens ou de Radiohead. On aime aussi cette gravité et ce lyrisme propres à la chanson française. »
Les thématiques et les sonorités musicales ne semblent pas toujours suivre une cohérence. Est-ce un choix assumé ?
« C’est la première fois que nous étions aux commandes de A à Z sur la production, donc pleinement maîtres à bord. Chaque morceau raconte un monde. Cet album a été créé sans trop de calculs, en se laissant traverser par la vie. Cela donne des titres très différents comme
« Allons voir », empreint d’enthousiasme, tandis que « Mille vagues » est plus austère. »
Cinq années se sont écoulées depuis le précédent album. Qu’est-ce qui a nourri la création de Labyrinthe ?
« Ce sont des années très fortes parce que nous sommes entre deux âges, juste avant la quarantaine. On ressent plus intensément la fragilité de la vie. Entre ces deux albums, je suis devenu père. Un an plus tard, j’ai été hospitalisé en neurologie. Et, dans le même temps, nous avons perdu notre mentor et manager. J’ai pris subitement conscience de cette traversée qu’est la vie. »
D’où le nom de l’album Labyrinthe ?
« C’est cela, ce que nous avons traversé est symbolisé par cette image. Un labyrinthe, c’est quelque chose de noueux, fait de méandres. On y retrouve l’espoir, puis on s’y perd à nouveau. Donc oui, cet album est profondément imprégné par l’idée de la fugacité de l’existence, mais aussi par l’espoir, les aventures. Et au final, ce ne sont pas tant les réponses et l’issue du labyrinthe qui nous importent mais plutôt le chemin parcouru. »
DR Fifou