Nutritionniste à la Vie la Santé du CHU de Poitiers, Elise Raguin vous éclaire sur ce dispositif de reconnaissance des produits alimentaires.
Visible sur les emballages alimentaires depuis 2017, ce logo associant une échelle de couleur à des lettres allant de A à E nous renseigne sur la qualité nutritionnelle des aliments et boissons. Soulignons que ce dispositif a été développé par une équipe de chercheurs indépendants et sans conflits d’intérêts avec l’industrie agroalimentaire. Devant la pression de certains fabricants, ce score n’est à ce jour toujours pas obligatoire, c’est pourquoi vous ne le trouvez pas sur tous les emballages. Mais que signifie-t-il exactement ? L’algorithme développé prend en considération la valeur nutritionnelle du produit pour 100g ou pour 100ml et constitue une aide à l’interprétation du tableau nutritionnel souvent incompris. Les protéines et les fibres constituent des éléments positifs alors que l’énergie, les graisses saturées, les sucres et le sel font baisser la note du Nutri-score. Ce qui a aussi pour effet d’inciter les fabricants à modifier les compositions de leurs produits dans le sens d’une meilleure qualité nutritionnelle. Ce logo est pertinent pour comparer deux produits équivalents entre eux mais gardons en tête que ce score est calculé pour 100g/100ml. Pour les fromages par exemple, qui sont gras et salé, leurs Nutri-scores pour 100g ont une note plutôt défavorable orange (D). Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter de consommer du fromage, mais plutôt qu’il est préférable de le consommer en petite quantité.
Une autre limite importante de ce dispositif est qu’il ne prend pas en considération la présence d’additifs ni l’ultra-transformation des produits. Il ne dispense donc pas de s’intéresser à la liste des ingrédients. Bien que les chercheurs aient proposé d’ajouter un bandeau noir autour de ce logo pour identifier les aliments ultra-transformés, cette proposition a suscité un rejet massif de la part des industriels. Pour résumer, le Nutri-score est un bel outil qui constitue une avancée majeure pour l’information des consommateurs mais nos législateurs ont encore un rôle important à jouer pour le rendre encore plus pertinent et obligatoire !