Aujourd'hui
« On ne vit pas dans le monde des bisounours ! » Certes. Peut-on pour autant renoncer à toute harmonie et, pourquoi pas, à une forme d’utopie ? Ceux et celles qui prononcent les vœux institutionnels rythmant le mois de janvier, comme celles et ceux qui y participent, le savent : il n’est nullement évident de tracer des perspectives optimistes dans le monde qui est le nôtre ; il est ardu de proposer des lendemains qui chantent et un avenir radieux.
Les rédacteurs, au stylo ou à la plume, des cartes de vœux en sont aussi conscients : comment ne pas heurter le lecteur par des formules hors sol et stéréotypées sur la santé, le bonheur et la réussite, quand la consultation des médias ou la simple écoute des conversations quotidiennes incitent à tout sauf à la joie et à l’enthousiasme ? Comment, à l’inverse, ne pas entretenir la sinistrose qui tétanise, entrave l’action et imprime sa marque angoissante jusque dans nos foyers ? Selon le caractère ou selon l’humeur du moment et, surtout, selon son interlocuteur et ce que l’on imagine être son état d’esprit, peut-être est-il loisible de l’inviter à goûter les odeurs, les saveurs, les sons, les lumières susceptibles d’égayer l’existence ? Ou bien d’espérer que le lecteur ait l’opportunité de s’engager dans des projets qui le motivent, avec enthousiasme et aux côtés de complices qui conforteront son énergie grâce à une dynamique collective ?
Les discours sur le déclin, les échecs, l’impuissance sont assurément performatifs : ils transforment le réel. Les prophètes de malheur le savent et en jouent. Au cœur d’un hiver de froid, de tempête, de violence, de feu et de sang, ne peut-on pas croire en contrepoint au caractère contagieux des invitations à s’élancer, construire, partager, et, pourquoi pas, jubiler ? Puisque dans ce « Regard » il est question de saison, permettez-moi d’anticiper la prochaine en citant Jankélévitch : « Ne manquez pas votre unique matinée de printemps. » Il ne souhaitait pas ainsi nous mettre en garde face à la rareté des journées printanières joyeuses. Il révélait au contraire que chaque jour nouveau peut offrir des moments, même fugaces, même évanescents, de légèreté. Il avait traversé les sombres heures de l’oppression nazie et souffert de l’antisémitisme...
CV express
Passionnée de culture et de sciences, attachée au partage des connaissances et des questionnements, friande de débats vifs mais respectueux (des autres comme des faits), j’ai traversé différents univers professionnels, jusqu’à la direction de l’Espace Mendès-France. Bretonne d’origine, Parisienne de formation, Poitevine par hasard mais depuis longtemps, Européenne de culture, je me reconnais dans l’hybridation.
J’aime : le lyrisme d’Hugo et l’incandescence de Char, les œufs à la coque et l’os à moëlle, la nuance, penser contre moi-même (et avec les autres), Giotto et James Turell, les coquelicots, nager dans l’océan, Vanessa Wagner et Etienne Daho, la Fondation Maeght en Provence.
J’aime pas : les choux (sauf à la crème), le ressentiment, la servitude volontaire, la mauvaise foi.
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3 000 jeunes volontaires effectueront cette année le nouveau service national militaire voulu par le gouvernement. A l’automne, le Régiment d’Infanterie chars de marine (RICM) de Poitiers en accueillera trente, avec l’objectif de leur apprendre à servir.