Installée à Châtellerault depuis novembre 2025, Rockatz Defence a déjà dépassé les frontières de l’Hexagone. Boucliers, plaques de gilets pare-balles : l’entreprise se spécialise dans la conception et la production de systèmes de protection balistique.

Pierre Bujeau

Le7.info

L’idée a germé dans la tête de deux collègues de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris : Sébastien Douville et Stéphane Augereau. L’actuel directeur des ventes et le directeur de la production sont familiers du domaine militaire, tout comme Olivier Duqueroy, directeur des ressources humaines et des affaires juridiques. Tous issus de cet univers, les trois dirigeants ont rapidement identifié, via des connexions avec le domaine de la défense, un besoin croissant en protection balistique en Ukraine.


« On a monté des dossiers au niveau du ministère de la Défense pour équiper 10 000 soldats ukrainiens en protections balistiques, mais aussi des civils », 
expliquent-ils. S’en est suivie une année de travail acharné. Démarchage, recherche d’investisseurs, structuration du projet, avec l’appui de Robby Cluyssen, président né au Luxembourg.


« Mais elle est le fruit de plus de trois ans de recherche », précise-t-il. La liquidation, en mars 2025, de la société iséroise Armour-Tech, spécialisée dans la protection balistique, a accéléré le projet. Rockatz Defence a repris ses actifs et relancé la production dans la Vienne, d’où sont originaires les associés. En novembre 2025, l’entreprise s’est implantée dans la zone d’Argenson, à Châtellerault. Sur 800m², elle fabrique des plaques de gilets pare-balles, des blindages pour véhicules et des boucliers destinés aux forces spéciales françaises et étrangères.


Protection civile

Si la guerre en Ukraine a rebattu les cartes de l’armement international, « le climat d’insécurité » 
en France a aussi marqué un tournant. L’entreprise vise un chiffre d’affaires de 3,5M€ en 
2026. « Je pense que les menaces internes sont aussi élevées que celles des guerres extérieures », estime le président. Pour les endiguer, la SAS développe des équipements complets, comme des gilets pare-balles intégrant des protections anti-lacération protégeant des attaques au couteau. Du « sur-mesure », à destination des agents de la gendarmerie, du GIGN, des sapeurs-pompiers… mais aussi des particuliers. « Dans les grandes villes notamment, ou dans certaines zones qui ont déjà connu des attaques au couteau », précise Sébastien Douville. C’est le cas notamment au Luxembourg. Après des attentats en Allemagne, une famille a sollicité l’entreprise pour se fournir en protections balistiques, placées sous les vêtements. « On est tellement bombardés d’informations de ce type dans la presse que les civils se questionnent eux aussi ». De nombreux projets sont en cours, notamment pour protéger à l’avenir certains métiers exposés, comme les chauffeurs de bus, avec un tissu anti-lacération.

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