Evan Kuhn, à l’affût du vivant

A l’aube, Evan Kuhn, 
18 ans, embarque son appareil photo, se faufile dans les bois et patiente plusieurs heures. Jusqu’à ce qu’un animal surgisse et lui offre quelques secondes pour capturer l’instant. Cette passion lui a valu d’être nommé au concours de photographie « Plumes, poils, pétales ».

Pierre Bujeau

Le7.info

Il faut parfois attendre trois longues heures dans l’humidité d’une rosée matinale. Trois heures assis, presque immobile, à scruter une haie, un champ, le moindre mouvement. Trois heures de silence avant qu’un renard ne surgisse, une proie dans la gueule, et que l’instant ne disparaisse aussi vite qu’il est apparu. Pour Evan Kuhn, la passion pour la photographie animalière tient tout entière dans cette attente. Observer. Patienter. Rêvasser. Et lorsque la nature accepte enfin de se dévoiler, déclencher. Les longues heures d’attente à grelotter dans le froid voient enfin leur utilité là, dans le viseur de l’appareil. A 18 ans, le jeune photographe n’en est pourtant qu’au début de son histoire avec l’image. Une passion née dans le cercle familial, notamment grâce à sa mère, photographe amateur. Puis un Canon 1100D, utilisé par son grand-père, et les premières balades au lac de Saint-Cyr appareil en bandoulière. « J’ai beaucoup de nature autour de chez moi. C’était comme une évidence de la photographier. » Très vite, les paysages ont laissé place aux animaux dans les chemins et les champs pas très loin de chez lui, à Marigny-Brizay.


De l’instinct et du travail

La photographie demande un certain instinct. Choisir le bon angle, identifier une source de lumière. Mais elle ne doit rien au hasard, ou presque... Car si la rencontre ne se commande pas, elle se prépare. Depuis ses débuts, Evan apprend à reconnaître les lieux, les habitudes des animaux, leurs passages. De ses longues heures à attendre la rencontre tant espérée, le jeune étudiant en photographie est parvenu à trouver un endroit où les renards croisent sa route. « Je pense que j’ai trouvé un spot où des renards passent vraiment souvent. Je n’en dirai pas plus, mis à part que la photo a été prise à Marigny-Brizay… », souffle-t-il. Ce « spot » lui a permis de réaliser la photo grâce à laquelle il a été retenu parmi les quinze gagnants du concours régional « Plumes, poils, pétales ». Le jeune homme photographie les lièvres, les chevreuils, les oiseaux et les ragondins. Mais ce renard conserve une place particulière dans sa galerie. « Je commence à ranger mon matériel. Et soudain, il apparaît. Il est sorti de nulle part. C’est vraiment sur le coup que je l’ai pris en photo. » Dans sa gueule, une petite proie. Sur son pelage, des gouttes d’humidité. Dans son regard, quelque chose qui semble suspendre le temps.

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