L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
Samedi, dans les rues de Poitiers comme dans celles de nombreuses villes, la manifestation pacifiste contre la vie chère a tourné au chaos en fin de journée. A la dispersion de la foule à coups de gaz lacrymogènes, ont succédé des affrontements rangés entre forces de l’ordre et casseurs. Tags, dégradations, pillage de magasins… Poitiers a rarement été plongée dans une telle atmosphère, même si les émeutes de juin 2023 ont aussi engendré leur lot de destructions. Il faut remonter au 10 octobre 2009 pour trouver trace de pareilles images sur le plateau. A quoi faut-il s’attendre dans les jours et les semaines à venir ? Les revendications des Poitevins vont-elles encore se faire entendre dans des cortèges, comme samedi ?
Comment le préfet de la Vienne va-t-il tirer les leçons de l’épisode qui vient de se dérouler ? Dans la matinée de dimanche, Charles Giusti a dans un premier temps démenti l’utilisation de lanceurs de balle de défense par la police, constatée par nos confrères de La Nouvelle République, avant de rétropédaler. La fébrilité liée à ce climat d’insurrection fait peur à beaucoup de monde.