Au cœur du campus de Poitiers, le Studio C propose aux étudiants des prestations de coiffure et de barber gratuites. Une initiative portée par le Crous de Poitiers et l’école Matile, qui permet aussi aux apprentis coiffeurs de s’exercer en conditions réelles.

Pierre Bujeau

Le7.info

On sait le Crous de Poitiers novateur en matière de services pour simplifier la vie de ses étudiants. Après une ressourcerie et une ludothèque, l’organisme poursuit ses initiatives avec le Studio C, un salon de coiffure accessible gratuitement aux étudiants du campus de Poitiers. Un service bienvenu à l’heure où la hausse des prix n’épargne pas les salons de coiffure, contraints, eux aussi, de répercuter une partie de leurs coûts sur leur clientèle. Selon l’Insee, les prix de la coiffure ont augmenté de 14,1% entre 
2019 et 2025. « La vie étudiante, c’est se former, mais aussi prendre soin de soi et bénéficier de services qui facilitent le quotidien, sans que les contraintes financières soient un obstacle », souligne Laurence Maget-Siegel, directrice du Crous de Poitiers. « Surtout dans cette période difficile », 
insiste-t-elle. Cette initiative a pu voir le jour grâce à la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), qui permet de financer de nombreuses actions à destination des étudiants, mais aussi au partenariat noué avec l’école Matile, établissement privé implanté à Jaunay-Marigny. 
« Cela nous permet de donner du sens à nos formations. Nos apprenants sont encore jeunes et il y a une véritable notion de solidarité là-dedans, qui nous a tout de suite plu », explique Christelle Caysac, directrice de l’école.


Succès au rendez-vous

Pour cette première session, les créneaux proposés ont tous été réservés. De 18h à 20h, les étudiants ont ainsi pu profiter des quatre postes de coiffage et des trois bacs à shampoing, mais surtout du savoir-faire des apprentis. Tous évoluent déjà dans des salons de la ville dans le cadre de leur alternance, notamment chez Jean Marc Joubert, Klu House ou Projectyon. « On se sent utile. Nous avons acquis de l’expérience et c’est avec plaisir que nous mettons nos compétences au service des étudiants une fois par mois », témoigne Alan, coiffeur-barbier. Accompagné de six camarades, il a pu prendre ses marques dans les locaux avant d’accueillir ses premiers clients. « L’un de nos professeurs a optimisé la salle pour qu’on se sente dans des conditions proches de celles d’un salon de coiffure. »


Mise en pratique

A l’aspect solidarité s’ajoute le volet compétence, l’objectif étant aussi de préparer les apprenants en formation à leur futur quotidien. « Les débutants pourront accompagner leurs camarades plus aguerris, notamment pour les shampoings et la préparation. Mais ils pourront aussi se familiariser avec une clientèle réelle. Faire la conversation, c’est également une compétence demandée dans ce métier », rappelle Christelle Caysac. Du gagnant-gagnant donc !

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