Depuis début octobre, cinq étudiants ont rejoint la résidence autonomie Marie-Louise Troubat, aux Trois-Cités, à Poitiers. Une initiative intergénérationnelle qui favorise le partage tout en apportant une réponse au manque de logements accessibles pour les étudiants.

Matthis Ferrant

Le7.info

« Ils ont tellement de choses à nous apprendre... » Lorsqu’il a eu vent de cette possibilité de cohabiter avec des seniors, Adrien Alleau a trouvé l’idée excellente. Après deux ans comme agent de service hospitalier en Ehpad, un service civique solidarité auprès des seniors et une expérience comme aide à domicile, l’aide-soignant en formation à l’IRTS connaît bien le quotidien des personnes âgées. « Ce n’est que du plus, j’aime bien être auprès d’eux, c’est super enrichissant. » 


Comme lui, quatre autres étudiants ont pris leurs quartiers dans la résidence Marie-Louise Troubat, aux Trois-Cités, à Poitiers, depuis le 1er octobre. Portée par le CCAS de Poitiers, l’initiative répond à un double enjeu, comme le souligne le maire de la Ville, Anthony Brottier : « Ce dispositif permet à la fois de renforcer les liens entre les générations, en dynamisant la vie de la résidence, et d’apporter une réponse concrète aux difficultés d’accès au logement des étudiants. » En proposant un T1 bis de 30m² à 350€ par 
mois, charges comprises, et en permettant aux étudiants de bénéficier des APL, le dispositif se veut accessible. 


Venue de Paris pour étudier les arts à Poitiers, Clémence François n’aurait pas pu envisager un logement plus onéreux. « Je n’avais pas les moyens financiers pour me permettre un logement très cher », confie-t-elle. Mais au-delà de l’aspect financier, la jeune femme y voit surtout une façon de rompre avec la solitude liée au départ du domicile familial. « Quand on arrive dans une ville qu’on ne connaît pas, on se sent vite seule. J’ai développé une forme d’anxiété sociale, je pense que ça peut m’aider à en sortir. » D’autant que le contact avec les aînés lui semble davantage à sa portée : « Je suis plus à l’aise pour discuter et partager avec des personnes âgées qu’avec des personnes de mon âge », reconnaît l’étudiante en L1. 


Les seniors sont 
déjà séduits

Du côté des résidents, l’idée de voir arriver un élan de jeunesse dans leur quotidien suscite aussi l’enthousiasme. Nadine, installée depuis quatre ans et demi à la résidence Marie-Louise Troubat, trépigne d’impatience à l’idée de rencontrer ses nouveaux voisins. « On a hâte de découvrir leur histoire et de partager des moments avec eux. » Mamie confidente auprès de ses quatre petits-enfants, Nadine apprécie tout particulièrement les échanges avec les plus jeunes : « Je les ai au téléphone pour qu’ils me confient leurs petits secrets. J’espère tisser cette même relation avec les étudiants. » 


Et pour favoriser ces rencontres, les cinq étudiants seront amenés à s’investir dans la vie de la résidence. En contrepartie d'un loyer attractif, ils devront consacrer quelques heures par semaine aux résidents à l’occasion d’animations, de repas ou simplement de moments d’échange. Une présence qui fait déjà le bonheur des résidents. « Nous, les anciens, on a beaucoup à apprendre des jeunes, mais l’inverse est également vrai », souligne Jacqueline, qui résume l’emballement général que génère cette cohabitation : « Avec les jeunes, ça va moover ! »

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