Le Regard de la semaine est signé Nina Fleury-Panel.
En ce moment, les lycéens vous rappellent sûrement les mouvements sociaux de vos années d’école : les blocages de lycées et de facs, les manifestations, les pancartes, les slogans jouant sur le nom d’un président ou d’un ministre… Mais vous vous sentez peut-être loin de tout ça : plus âgés, avec d’autres préoccupations, un quotidien prenant, l’envie de laisser la place ou de soutenir sans savoir comment. Car ne pas manifester ne veut pas forcément dire s’opposer. On peut ne pas pouvoir, ne pas se sentir légitime, ou préférer agir autrement.
La manifestation n’est pas la seule arme du peuple. Je suis intimement convaincue que, quand on veut quelque chose assez fort, il faut s’en donner les moyens. Lorsque la porte est fermée, on peut passer par la fenêtre, mais aussi enfoncer la porte, descendre par la cheminée, négocier la clé ou trouver une autre entrée.
Les adresses emails de nos députés et sénateurs sont accessibles sur Internet, et eux ou leurs assistants lisent vos messages : dites-leur ce que vous attendez d’eux et ce que vous souhaitez qu’ils votent. Ce type de pression fonctionne. Nous sommes dans une démocratie représentative, alors demandons-leur de nous représenter. Les grèves nationales sont également efficaces. Quand tout un secteur est paralysé, les plaintes des usagers peuvent pousser les décideurs à céder. Les pétitions officielles sur le site de l’Assemblée nationale, ou citoyennes ailleurs, peuvent aussi faire bouger les choses. Et bien sûr, il reste le vote, à chaque élection, pour celles et ceux qui veulent prendre soin des autres. Il n’y a pas de règle unique pour agir et se faire entendre des décideurs. Le changement peut passer par de multiples chemins, et nul besoin d’être un révolutionnaire pour y contribuer.
Par ailleurs, les pouvoirs officiels ne sont pas les seuls à être en mesure de changer le pays. En tant que citoyens, il est de notre devoir d’incarner, à notre mesure, le changement que nous souhaitons. Rejoignez des associations, donnez un peu de votre temps à la personne qui en a besoin, soyez présents pour celles et ceux qui sont seuls. Si le changement commence par soi, il ne se joue pas seulement dans les urnes en 2027. Mais en donnant une bouteille d’eau à un lycéen qui tient le blocage de son lycée depuis le matin, en écoutant les revendications et les contraintes de chacun, en écrivant son soutien, en proposant des alternatives, en imaginant un autre monde. Si chacun a de la compassion envers les lycéens, le peuple n’est alors plus divisé : il avance ensemble et demande, par différents moyens, un monde plus juste.
CV express
Etudiante en master d'administration publique, je suis une touche-à-tout. Après une école de théâtre, j'ai fait plusieurs concours d'éloquence, puis une licence en sociologie. Je suis très touchée par les questions d'égalité, notamment d'égalité homme/femme, et souhaite faire une carrière dans cette voie. Il est aussi très important pour moi que les jeunes s'emparent des questions politiques et aillent voter.
J'aime : les défis, la politique, la natation, passer des moments de qualité avec ceux que j'aime, les manifestations, les débats, parler en public.
J'aime pas : le machisme, le manque de moyens pour les causes justes, l'abandon, l'absence de remise en question.