Un peu plus de six mois après leur arrivée au pouvoir à Poitiers, Anthony Brottier et sa majorité dressent un premier bilan de leur action, entre projets
« réinterrogés » et souci de proximité, le tout dans un contexte financier incertain.
Lagon, projet du Palais, de crèche aux Montgorges, Pôle culturel et d’animation des Couronneries… Les sujets de discorde entre l’actuelle majorité municipale et l’opposition précédemment aux affaires ne manquent pas. Dans le prolongement du dernier conseil municipal, le maire de Poitiers Anthony Brottier a profité de son premier bilan semestriel pour dresser la liste des projets à « réinterroger »
parce que « leurs montants ont été minorés dans la programmation pluriannuelle d’investissements (PPI) ». A commencer par la transformation du Palais, « estimée initialement à 60M€ mais dont les montants aujourd'hui indiqués sont plus proches de 75M€ avec une PPI qui en prévoit 18M€ ». Les services de la Ville sont mis à contribution pour imaginer un projet moins ambitieux « et qui tiendra compte des besoins des habitants », dixit le maire.
« Pas de renoncement » non plus sur le Pôle culturel et d’animation des Couronneries mais, là encore, un delta financier : 16,6M€ contre 13,9M€ dans le chiffrage initial avec « une PPI à 10M€ ». Il faut ajouter à cela la découverte de sols pollués après la déconstruction du Foyer de jeunes travailleurs et « une non-prise en compte des enjeux climatiques »,
selon lui. Sur le lagon aussi,
« un équipement neuf », le maire pointe le concepteur de ce lieu de baignade « fermé un jour sur quatre et générant des conditions de travail pas acceptables pour les agents de la collectivité ».
Des pièces rafraîchies dans les écoles
Dans un contexte budgétaire difficile -1M€ en moins avec le projet de loi de finances 2027-, l’exécutif entend tout de même conjuguer le verbe agir au futur. D’abord en étudiant la faisabilité d’une nouvelle cuisine centrale (deux aujourd’hui) capable d’absorber l’élaboration de 6 500 repas quotidiens. Coût de l’investissement : entre 25 et 30M€, dont « la moitié financée par des partenaires extérieurs ».
La cinquième école aux Couronneries ne va, elle, plus forcément de soi compte tenu des dynamiques démographiques. Plusieurs scénarios seraient à l’étude, dont « la possible restructuration de l’école Coligny-Cornet ». Toujours côté écoles, la collectivité compte investir 4,5M€ pour adapter le bâti scolaire à la canicule.
« Plusieurs dizaines de classes »
devraient bénéficier de rafraîchisseurs d’air et dix écoles auront avant l'été 2027 « une pièce réfrigérée » (climatisée donc), sorte de refuge climatique à la canicule.
Au-delà des mesures mises en place dans les cent premiers jours (gratuité partielle du stationnement, des bus le mercredi, pour les moins de
12 ans, déploiement des élus de quartier), la Ville fait de l’inclusivité et de l’accessibilité l’une de ses priorités. Le programme Vacances pour toutes et tous va par exemple s’élargir aux enfants en situation de handicap. En matière de proximité, le maire de Poitiers prend l’exemple du Pont-Neuf pour mieux se démarquer de « l’héritage » de l’ancienne majorité. Au moins une vingtaine de riverains se plaignent d’inondations lors des fortes pluies, depuis le réaménagement de l’artère.
« Nous cherchons des solutions avec eux… », affirme le maire. Si possible les moins coûteuses. « Il ne s'agit pas de renoncer à investir, mais probablement d'investir différemment pour agir concrètement sur le quotidien des Poitevines et des Poitevins. »
« Le désinvestissement n’est pas une fatalité »
« Il y a beaucoup de com’ sur certaines petites choses, mais on n’y voit pas clair sur les grandes lignes stratégiques… » Chef de file du groupe Poitiers en commun, Bertrand Geay déplore autant « l’absence de réponses » sur certains sujets que la capacité de l’exécutif à « évoquer la municipalité précédente ». Bastien Bernela, lui, met le nouveau maire face à ses responsabilités. « Etre aux responsabilités, c’est assumer son mandat. Le désinvestissement n’est pas une fatalité mais un choix politique », indique le représentant de Poitiers collectif, qui rappelle au passage que l’ancienne municipalité a investi « en moyenne 25M€ par an sur la durée du mandat », sans que « le seuil critique des 12 ans de capacité de remboursement de la dette » soit atteint.