Entre le TTACC et la Mairie, le torchon brûle. Quand le premier aspire à une augmentation de subvention, le second assure qu’il ne peut pas faire plus…

Nicolas Boursier

Le7.info

« Moi, plus on me met la pression, plus je me braque. » Sur l’épiderme d’Aurélien Tricot, les cinq lettres du TTACC commencent à laisser apparaître quelques rougeurs urticantes. L’adjoint aux Sports à la mairie de Poitiers n’y tient plus. « On me harcèle, on m’agresse, il n’y a plus de dialogue possible. »
A l’origine de cette irritation, les doléances d’un club qui se sent « lésé par le peu d’intérêt accordé par la Mairie ». « La municipalité a établi des barèmes au regard des niveaux de pratique, explique le vice-président Philippe Palisse. Avec quatre équipes en Nationale et notre accession à la Pro B féminine, on était en droit d’espérer une augmentation substantielle de notre subvention. Rien. On n’a rien. »
Avec 25 000€ de fonctionnement maintenus, contre les 45 000€ minimum espérés, le TTACC s’attend à souffrir pour joindre les deux bouts cette année. « Avec trois contrats pro pour les joueuses, deux salariés et un contrat aidé, on va avoir du mal, confirme l’autre vice-président, Philippe Lion. On se démène pour se tirer d’affaire. A 3€ l’entrée aux matches de Pro B, on ne tape pas sur la tête des gens. Si on pouvait réunir 350 à 400 personnes, ce serait vraiment encourageant. »

25 000 € au lieu de 45 000€

De l’autre côté de la table, les « attaques répétées » du TTACC continuent de malmener l’adjoint. « Depuis 2008, les subventions au club ont crû de 25%. Je viens même de solliciter l’Agglo pour une subvention de 10 000€ qui a été aussitôt versée. Je ne peux sincèrement faire plus avec l’enveloppe dont je dispose. J’espère que les gens du TTACC ne se comparent pas au basket et au volley, qui sont capables de rassembler 4000 personnes sur un match. Il faut quand même raison garder. » Et le rugby ? « D’accord, d’accord, le rugby n’évolue qu’en Fédérale 3, admet Tricot. Mais entre nous, le nombre de licenciés, plus de 400 (contre 244) et les frais de déplacement sont autrement plus importants que pour cinq équipes de trois à six joueurs. » Il éructe : « Qu’on ne m’accuse surtout pas d’être arbitraire, de faire du favoritisme ou du copinage. Si c’était le cas, je n’aurais rien à faire à ma place. Je tiens au passage à dire que nous nous étions engagés dès le début à maintenir, pour le Stade poitevin rugby, une subvention de Fédérale 1 l’année de sa rétrogradation, pour ne pas lui mettre la tête sous l’eau. Une baisse, tout à fait logique, sera votée sur le prochain budget. »
Voilà pour la mise au point. Reste que les deux parties ne semblent pas enclines à céder du terrain. «  Le club de Niort, qui est en Pro A, explique Philippe Lion, reçoit 80 000 € de la Mairie. Nous, on fonctionne toujours avec le strict minimum. Heureusement que le Conseil général, lui, a décidé de mettre 5 000€ de plus dans notre corbeille. Sinon… »
« Je n’ai rien contre le tennis de table et contre le TTACC, maintient Aurélien Tricot. Mais la voie dans laquelle les dirigeants se sont engagés, celle de l’affrontement, n’est pas la bonne. » Au final, Philippe Lion en convient. « Si nous nous maintenons cette saison et montrons à la Mairie que nous pouvons attirer du public, peut-être aurons-nous une bonne surprise l’an prochain. » Qui sait, en effet, si pareille volonté d’apaisement ne convaincra pas Monsieur l’adjoint aux Sports de refaire ses calculs.

 

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