Les bâtiments publics à l’heure des économies

Le syndicat Energies Vienne a mis en place un dispositif unique en France pour aider les communes à rénover leur patrimoine, du diagnostic au financement. 1 200 audits et 100M€ sont prévus dans la décennie.

Arnault Varanne

Le7.info

La neutralité carbone à l’horizon 2050, douce utopie ou réalité en puissance ? Jacques Deschamps opte pour la deuxième réponse. Et le président du syndicat Energies Vienne joint le geste à la parole. 
« Le Giec nous dit que nous sommes confrontés à un sacré défi, ce qui nous oblige à agir », indique-t-il. Partant du principe que le bâtiment et les transports sont deux des secteurs les plus énergivores, le syndicat -qui chapeaute le groupe Sorégies, Sergies, SRD et Alterna- a choisi d’aider ses adhérentes (217 communes) à rénover leur patrimoine. Le chantier paraît immense puisque 
1 200 audits préalables doivent être réalisés par 5 bureaux d’études indépendants, dans 167 communes et 6 EPCI. 
« Notre objectif est qu’après les travaux les économies soient supérieures à 50% », prolonge l’ancien directeur régional de l’Ademe.

L’incitation ne passe pas que par une prise en charge financière de l’audit. Dans un dispositif unique en France, Energies Vienne propose un accompagnement clé en main, qui comprend l’assistance sur le choix du scénario et des travaux à réaliser, une subvention de 25% HT du coût de l’investissement, une avance remboursable à taux zéro avec un différé de remboursement de 24 mois et une assistance à maîtrise d’ouvrage. Objectif : rénover 500 bâtiments en dix ans, avec 100M€ de travaux réalisés « par des entreprises locales ». La Banque des territoires et le Crédit Agricole apportent leur écot sur le financement.

Brux, l’exemple concret

Le maire de Brux, 738 habitants, a été l’un des premiers à se laisser séduire par le dispositif. « Nous sommes dans une logique de rénovation du centre-bourg, confirme Frédéric Texier, d’où notre volonté de transformer l’ancienne poste en maison des assistantes maternelles au rez-de-chaussée et en logement au premier étage. » Les travaux viennent tout juste de démarrer et ne mettront pas la commune du Sud-Vienne sur la paille. Certes, l’investissement est lourd (325 431€), mais Brux a reçu une subvention de 55 000€, une avance remboursable de 65 086€ et d’autres aides. Surtout, la facture énergétique du bâtiment va passer de 2402€ à 815€. « Comme nous allons percevoir un loyer de la Maison des assistantes maternelles, c’est une opération blanche pour nous », reconnaît Frédéric Texier. Blanche sur le plan financier, mais pas en termes d’images. « Avoir un relais d’assistantes maternelles, c’est aussi une manière d’alimenter notre école ! »

Au final, l’initiative du Syndicat s’apparente à du gagnant-gagnant. « Les communes ont un devoir d’exemplarité vis-à-vis de leurs habitants, note Jacques Deschamps. Ils doivent eux aussi voir que c’est possible de s’inscrire dans cette démarche. »
 La neutralité carbone à l’horizon 2050 est à ce prix. 


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