Le colonel hors classe Christophe Landrieau dirige le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Vienne depuis février 2022. Il revient sur l’été très animé des sapeurs-pompiers et appelle les futurs volontaires à se manifester.

Le7.info

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L’été a été marqué par une sécheresse aiguë. Comment avez-vous réussi à gérer la situation dans la Vienne et le renfort de vos collègues en Gironde ?

« Il y a eu ici beaucoup de feux de récolte, mais j’ai été treize ans dans les Pyrénées-Orientales où l’intensité était très supérieure, notamment sur la végétation. Après, concernant les incendies en Gironde, le Sdis de la Vienne a enregistré 297 engagements du 
14 juillet au 25 septembre. Autant de sapeurs-pompiers engagés pour plusieurs jours, tous spécialisés dans les feux de forêt. On a fait en sorte de conserver une couverture suffisante en hommes pour ne pas être déficitaires. Nous avons d’ailleurs mis en place à partir de début août des patrouilles armées. Plusieurs camions citernes ont tourné près des massifs forestiers, pour intervenir rapidement sur des départs de feu et faire de la prévention. »


Quel retour d’expérience faites-vous après ces événements ? 


« Dans la Vienne, il sera nécessaire de ne plus voir les feux de forêt comme un risque exceptionnel mais courant. Ce ne sera pas le cas en 2023, en revanche à l’horizon de dix ans ce risque sera potentiellement élevé. Cela signifie qu’il faudra dispenser une formation à tous les pompiers, à partir d’une certaine expérience. »


Le Sdis recherche en permanence des volontaires. Quels sont les besoins ? 


« Dans la Vienne, nous avons 1 315 sapeurs-pompiers volontaires, 215 professionnels et 55 personnels administratifs et techniques, qui sont aussi très importants. On souhaite attirer le maximum de volontaires, notamment ceux qui sont susceptibles d’être engagés en journée et dans la semaine. »


Comment réussir à convaincre celles et ceux qui seraient intéressés ? 


« Il existe des dispositifs de conventionnement avec les employeurs. Les municipalités bénéficient par exemple d’un dégrèvement sur les contributions communales pour libérer leurs agents. Pour les entreprises, un abattement d’impôt est prévu et la loi du 
25 novembre 2021 prend en compte la mise à disposition dans le cadre de marchés publics. Ce sont des incitations pécuniaires. Mais le gros avantage pour une entreprise, c’est de disposer d’employés formés à la culture du risque et aux interventions en cas de besoin, au secourisme... Je rencontrerai bientôt les responsables de chambres consulaires pour échanger. C’est un travail permanent. »



La fermeture régulière des urgences de Loudun et Montmorillon a-t-elle un impact ? 


« Oui. Quand les urgences sont fermées, les pompiers de Loudun transportent la personne au CHU de Poitiers et une intervention d’une heure se transforme en quatre heures. Pendant ce temps-là, ils ne sont pas disponibles pour porter secours (70% de l’activité concerne les secours aux personnes, en hausse de 10% par rapport aux cinq dernières années, ndlr). »

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