La ville s’éveille

Coach professionnelle certifiée et enseignante en méditation de pleine conscience entre autres pour Petit Bambou, Laurence Thomas vous propose cette saison des chroniques résolument apaisantes.

Le7.info

Le7.info

Petit matin à Manhattan. J’ai installé mon tapis de yoga devant la fenêtre entrouverte, à l’angle des deux baies vitrées. La ville à mes pieds, le ciel à portée de main. Et ce matin, je laisse les bruits venir à moi, dans ce doux brouhaha de la ville qui s’active déjà…

Les travaux tout en bas battent déjà leur plein : un marteau-piqueur dans la rue, la scie circulaire quelque part au loin, sûrement amplifiée entre les gratte-ciels. Et puis le choc d’une poutre qui tombe et qui résonne, des coups de marteau sur un objet métallique. Mon cerveau s’emballe pour trouver une explication, une bonne raison à autant de violence sonore si tôt ce matin. On a toujours envie de savoir pourquoi. Mais dans le fond, est-il absolument nécessaire de comprendre le pourquoi des choses. Surtout de celles qui nous échappent, définitivement... ?

L’expérience du bruit est toujours une nouvelle aventure de pleine conscience : accueillir consciemment le bruit comme un son, un matériau factuel, un phénomène en quelque sorte. Mais il faut bien reconnaître que certains bruits sont très persistants ce matin. Comme une expérience de pleine conscience, « qui n’a pas d’ennemis ». J’adore cette jolie formule, faussement candide, un tantinet provocatrice.Elle parle si bien de notre résistance à faire avec les choses telles qu’elles sont. D’ailleurs, même sans ouvrir les yeux, je peux imaginer le ballet des voitures tout en bas, orchestré au rythme des bruits de la circulation, des klaxons dans la rue, joyeux ou insistants. Pour mettre de l’ordre dans tout ça, surgit à présent de cette symphonie urbaine une sirène de police, tel le jingle incontrôlable d’un jeu vidéo échappé de sa console pour s’ébrouer librement dans la rue... et qui viendrait nous signaler joyeusement le record battu, l’explosion des scores. Pas sûr cependant que les policiers à Manhattan ne soient que de grands enfants férus de jeux vidéo !

L’église tout en bas tinte timidement les 
8 heures. Un tout petit son plein de délicatesse et de prévenance. Comme une petite musique intérieure qui nous dit qu’en dépit des turbulences extérieures, les choses peuvent être simples et joyeuses. Alors, cette semaine, un prochain matin, si le cœur vous en dit, arrêtez-vous un instant pour écouter les bruits de la vie qui vous entoure, quelle qu’elle soit. Pas besoin d’être installé à Manhattan, bien sûr. N’importe où, n’importe quand, la symphonie de la vie est là pour nous ! 
Pour nous inviter à sourire intérieurement de toutes ces contrariétés sur lesquelles nous avons si peu la main… Et décider qu’elles sonnent presque comme un joyeux jingle de jeu vidéo. Et vous, à quoi ressemble votre petite musique intérieure ? Très belle journée à vous et choisissez d’être heureux !

À lire aussi ...