Tensions entre le CHU et ses associations

Face à l’inflation, le CHU de Poitiers a décidé de réduire significativement les subventions aux associations intervenant en son sein. Une décision qui révolte salariés et bénévoles, lesquels ont manifesté à l’Agora en fin de semaine dernière.

Steve Henot

Le7.info

Ce n’est pas dans leurs ha- bitudes. Mais cette fois, les salariés et bénévoles des associations intervenant au CHU de Poitiers ne pouvaient pas rester sans rien dire. Le 30 juin, ils se sont rassemblés à l’Agora pour protester contre la baisse annoncée des subsides que leur alloue l’hôpital. « La subvention pour 2022 nous est seulement arrivée à la fin décembre, on avait déjà un sentiment de fragilité, confie Sylvie Juric, la présidente d’Un Hôpital pour les enfants. Si elle diminue, on ne pourra plus fonctionner de la même manière. »

L’association, qui a encore enre- gistré un peu plus de 6 500 passages d’enfants en 2022, devait effectivement voir sa prochaine enveloppe réduite de plus de la moitié (30 000€ au lieu de 70 000€). Motif invoqué par la direction du CHU : l’inflation, qui l’enjoint à faire des économies. « Sur le budget total du CHU, notre subvention est dérisoire. Il leur coûterait plus cher d’assurer eux-mêmes cet accompagnement (près de 80 bénévoles, soit 10 ETP), estime Sylvie Juric. On ne se sent pas si essentiel, alors que d’autres hôpitaux envient notre modèle. » Avec le soutien de Léonore Moncond’huy, présidente du conseil de surveillance du CHU et maire de Poitiers, et du député Sacha Houlié, Un Hôpital pour les enfants s’est invité vendredi au conseil de surveillance pour contester cette décision. La directrice Anne Costa a finalement assuré que la subvention ne bougerait pas. « Nous serons rassurés quand elle sera écrite et versée », confiait Gilles Kéo, à l’issue de l’entrevue.

Désaccord sur l’espace ados

Un point de désaccord demeure entre les deux partenaires. Le CHU a récemment annoncé vou- loir aménager deux nouvelles chambres de pédiatrie sur l’espace adolescents... Alors même qu’Un Hôpital pour les enfants a d’ores et déjà trouvé 175 000€ de financement (sur un montant total de 250 000€) pour son projet d’embellissement du lieu, envisagé de longue date avec l’accord du CHU. « C’est une erreur de mettre les considérations médico-techniques en opposition avec l’accompagnement social. Les deux sont complémentaires », insiste Gilles Kéo. La direction, elle, n’entend pas céder sur ce sujet, invoquant « un besoin absolu de répondre au développement des activités de chirurgie pédiatrique (+11%) et de cancérologie pédiatrique (+18%) ». Elle ne s’est pas exprimée sur les coupes annoncées aux autres associations intervenant au CHU, comme La Maison des familles ou encore le Toit du monde, qui co-gère le Relais George-Charbonnier. La première devrait ainsi voir sa subvention de 27 500€ réduite à... 0 ! « On va essayer de compenser cette perte en organisant plus de manifestations (bourse aux jouets, thés dansants, etc.) dans l’année, soupire Jeannine Monnier, la trésorière de l’association qui compte cinq salariés et une trentaine de bénévoles. On sort déjà de deux années difficiles avec le Covid et on aurait aussi besoin de s’agrandir. » La confiance est en tout cas entamée.

À lire aussi ...