Sixième épisode de notre série sur le don d’organes avec Valentin Hour. Le futur maître-
nageur âgé de 21 ans a réalisé deux dons de moelle osseuse qui ont bénéficié à une jeune fille atteinte d’une
leucémie. Un geste
d’altruisme comme un
« cri du cœur ».
L’appel au don
« J’ai toujours été fasciné par les médecins, les soins, sauver des gens… Ça m’impressionne !
Comme je suis sensibilisé à la santé des autres, le don de sang est venu naturellement. Depuis mes 18 ans, je donne environ trois fois par an grâce aux campagnes organisées par l’université de Poitiers. Si ça peut aider les autres, pourquoi je ne le ferais pas alors que c’est très simple ? »
Du sang à la moelle osseuse
« J’ai eu l’occasion de rencontrer Romain Ferru-Clément dans le cadre de réunions d’information sur le don. Il était là pour sensibiliser les étudiants. Et je me suis dit que je n’avais rien à perdre à m’inscrire sur la liste des donneurs de moelle osseuse. Trois mois après, j’ai été contacté alors même que l’on peut passer une vie entière sans l’être. »
« Plus désagréable que douloureux. »
Le premier prélèvement
« Quand on m’a appelé pour me dire qu’il y avait une compatibilité, j’ai fait un premier bilan de santé global un mois avant le don pour ne pas porter préjudice au receveur. C’était un peu stressant mais les médecins ont été rassurants. On n’a aucune obligation de continuer, et ce à tout moment. Est alors arrivé le moment de l’intervention intra-osseuse, une opération assez invasive avec deux semaines d’arrêt derrière. A la suite du prélèvement, on est allongé 24 heures sur un pansement compressif sur le dos. Pendant cette phase, on a une légère gêne. Après, j’ai juste eu une sensation de bleu au toucher pendant une semaine mais sans douleur excessive. »
Un deuxième appel
« J’ai été rappelé une deuxième fois car la jeune receveuse, pas française et atteinte d’une leucémie, a eu besoin d’un autre don. Cette fois, il a été réalisé par cytaphérèse. On vous injecte des facteurs de croissance pour saturer le sang en cellules souches. Une fois ces injections réalisées dans les muscles, on attend trois à quatre jours et les médecins vous branchent à une machine pendant quatre heures. Ils prennent le sang dans un bras, les cellules de moelle osseuse sont récupérées et le sang est réinjecté dans l’autre bras. Je suis ressorti de l’hôpital tranquillement ! Pour autant, j’ai préféré « l’intra-osseux » car après le deuxième don, j’ai ressenti une fatigue, une sensation de gonflement des os, des courbatures… C’était plus désagréable que douloureux. »
De la « fierté »
« Une fois qu’on a donné sa moelle, on est en quelque sorte relié à une autre personne. Mon système immunitaire vit en elle. J’espère que cela suffira à lui permettre d’aller bien. Je n’ai pas eu de nouvelles donc normalement, c’est bon signe. Bien sûr qu’il y a de la fierté. Après avoir eu peur pour moi, ma mère a eu le même sentiment. »
Sensibiliser les autres
« J’en ai parlé à quelques personnes dans mon entourage, mais je ne suis pas sûr d’avoir réussi à en motiver beaucoup, à part ma sœur. A chaque fois que je peux en parler dans les médias, je le fais. J’ai aussi participé à l’avant-première du film Promesse, réalisé par Thomas Hug de Larauze, dont la sœur était atteinte d’une leucémie. Plus on en parle, plus on fait évoluer les mentalités. Quand on est en bonne santé, on n’a besoin de rien. Mais quand on est malade, on mesure l’importance du don. Notre vie dépend des autres. »
Une carrière de… maître-nageur
« Altruiste ? J’essaie de l’être dans la vie de tous les jours. Devenir médecin ? Pour moi, c’était inatteignable. En revanche, j’aurais aimé être kiné. J’aime beaucoup venir en aide aux autres. En étant maître-nageur, je pourrai le faire. »