Au nord de Châtellerault, un vaste chantier de modernisation des réseaux d’eau potable et d’assainissement est en cours. Trois forages ont été réalisés sous la Vienne afin de sécuriser l’alimentation en eau de dizaines de milliers d’habitants du Châtelleraudais.
Sous la Vienne, à près de quatre mètres de profondeur, les foreuses ont percé avec une précision millimétrée. « On arrive au point de sortie à quelques centimètres près », souligne Rémi Coopman, président d’Eaux de Vienne. Trois conduites de 200 mètres ont ainsi été installées sans ouvrir le lit de la rivière, une prouesse technique au cœur d’un chantier qualifié de « hors norme ». Porté par Eaux de Vienne, dans le cadre de la future Manufacture d’eau, le projet vise à « sécuriser l’alimentation en eau potable jusqu’à Antran, et rationaliser les infrastructures ». Le chantier poursuit un double objectif.
« L’idée, c’était de profiter des travaux d’assainissement pour intervenir aussi sur l’eau potable »,
explique Rémi Bonnin, chargé d’études et de travaux.
L’ancienne station d’épuration d’Antran, devenue obsolète, sera ainsi supprimée au profit de celle de la Désirée, une mutualisation synonyme d’« économies de fonctionnement ». Engagés en janvier 2026 pour une durée de cinq mois, les travaux représentent un investissement de 3,9M€.
Manufacture d’eau
Au-delà de la dimension technique, ce chantier s’inscrit dans une stratégie de long terme : anticiper les besoins d’un territoire en croissance, sécuriser la ressource face au changement climatique et interconnecter les réseaux. Ce projet prépare également la construction de la future Manufacture d’eau, une usine de traitement « ultra-performante »
appelée à remplacer l’installation actuelle, près du barrage EDF, jugée obsolète. Dimensionnée pour alimenter jusqu’à
100 000 habitants, elle pourrait voir sa première pierre posée en 2028, pour une mise en service envisagée à l’horizon 2031.