Et si le « buzz » était devenu 
le meilleur moyen de disparaître ?

À l’heure de la course au 
« buzz », la viralité apparaît comme un mirage séduisant mais éphémère. Inspiré par la réflexion de Chris Do, Benoît Dujardin interroge notre obsession des chiffres.

Le7.info

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La viralité sur les réseaux sociaux fait rêver tous les communicants, mais elle construit rarement quelque chose de solide. Un pic d’audience n’est pas une relation. Une explosion de vues n’est pas une communauté. Et un contenu qui cartonne n’a parfois qu’un seul effet durable : vous enfermer dans un style qui a fonctionné une fois. Voilà, en substance, les idées défendues par l’Américain Chris Do dans sa conférence Anti-Viral. On connaît tous ce réflexe : après avoir publié sur un réseau social, on revient voir sa publication pour surveiller les chiffres d’engagement (likes, partages, commentaires). Plus ils montent vite, plus on ressent une forme d’excitation. Et quand un post cartonne, on est tenté de s'en inspirer dans l'espoir d'un nouveau carton. On finit alors par écrire non pas ce que l’on pense, mais ce que l’algorithme pourrait aimer. Notre communication perd en sens ce qu’elle gagne en « vues ».

Le plus troublant, c’est que cette logique touche désormais tout le monde : les médias, les marques, les politiques, les associations. Chacun veut reproduire la dernière tendance, profiter d’un format qui marche, surfer sur la mécanique du moment. Le bruit s’ajoute alors au bruit. Chris Do rappelle pourtant une évidence : il vaut mieux convaincre 
1 000 personnes que divertir un million de spectateurs. Après tout, ne préféreriez-vous pas être soutenu par 300 Spartiates, comme Léonidas, plutôt que suivi par des milliers de Perses ? À l’heure où chacun rêve de percer, la vraie audace consiste peut-être à durer. Et à se demander, avant de publier : est-ce que je cherche à être vu… ou à être entendu ?

La conférence : youtube.com/watch?v=GaDK_zVy1Cc.

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