Charly Pontens : « Quand on voit 
le chemin parcouru... »

Après cinq saisons en Pro B entre Blois et Quimper, Charly Pontens (26 ans, 1,90m) ne regrette pas son retour en Nationale 1 sous le maillot du PB86. Le meneur titulaire parle peu mais juste. Extraits.

Arnault Varanne

Le7.info

Vous aviez dit il y a quelques semaines qu’il faudrait jauger cette équipe quand elle serait dans le dur, après l’arrêt de la série de victoires (14). On y est ?
« On a perdu deux fois (Mulhouse, Le Havre) et, surtout, on enchaîne des matchs compliqués avec trois prolongations d’affilée. Après, ça fait partie du championnat. On peut se jauger et rebondir après chaque défaite. »

Il reste cinq matchs, Angers a trois victoires d’avance et le goal-average(*). Compliqué pour la montée directe ?
« Il faut jouer les matchs, on ne sait pas ce qui peut se passer pour nous et les autres équipes. Tant que rien n’est fait mathématiquement, il faut continuer à mettre la pression sur Angers. On ne va pas lâcher les armes maintenant. »

Qu’est-ce qui vous a manqué face à Mulhouse et au Havre, un peu de lucidité ?
« Le facteur fatigue entre en ligne de compte, c’est sûr. Quand on n’arrive pas à tuer les matchs dans le temps réglementaire, on jette la pièce en l’air. Ce sont les détails qui font la différence. »


En dépit de ces quelques défaites, la saison reste très positive. C’est aussi votre avis ?
« C’est une très belle saison qui n’est pas encore terminée. Quand on voit le chemin parcouru, la série de victoires et ce qu’on arrive à donner au public après deux années difficiles, c’est positif. On a un très bon groupe, jeune avec quelques joueurs expérimentés. L’enchaînement des victoires participe à cette bonne ambiance. Individuellement (8,5pts, 2,7rbds, 3,4pds), je suis content de certains aspects, un peu moins satisfait sur d’autres points. Physiquement, je pioche un peu car je traîne une gêne au pied depuis décembre. »

« Hâte » d’être à l’Arena

Etes-vous surpris du niveau de jeu en Nationale 1 ? 

« Je suis agréablement surpris, oui. J’avais disputé une saison avec Golbey-Epinal avec l’ancienne formule. Là, on rencontre les meilleures équipes de la poule B. C’est exigeant physiquement car les matchs s’enchaînent. Et au final, seules deux équipes monteront en Pro B.
Pour une troisième division nationale, on est sur un niveau de basket intéressant. »


L’environnement du club (supporters, staffs médical, technique, administratif...) vous paraît-il adapté ?
« Poitiers est un club structuré pour la Pro B, je ne suis pas du tout dépaysé par rapport à ce que j’ai connu ailleurs. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai signé ici. »

Le 12 avril, vous jouerez un premier match à l’Arena Futuroscope. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? 

« J’ai hâte d’y être, ça va être un très beau rendez-vous pour les joueurs, le public, la ville. On aura tous à cœur de bien faire. Après, il ne faut pas se mettre plus de pression que cela ou alors qu’elle soit positive. »

Vous alternez entre le 5x5 et le 3x3. Les Jeux olympiques de Paris 2024 sont-ils dans un coin de votre tête ?
« J’ai commencé en 2012, j’enchaîne depuis quatre-cinq saisons le 5x5 et le 3x3. Physiquement, ça commence à être dur de faire autant de sacrifices l’été. Mais les Jeux, c’est tout près... sachant qu’il peut se passer plein de choses d’ici 2024. Si près, si loin, c’est exactement ça. Il y a de plus en plus de concurrence. »

(*)Avec un match en retard contre Chartres.

 

Et sinon... 

 

Une qualité ?
« Réfléchi. »

Un défaut ?
« Trop réfléchi peut-être ! Parfois, il faudrait que je me pose moins de questions. »

Un surnom ? 
« Monsieur Moustache. Ça vient de la Coupe du monde 2018 de foot. On a fait un barbecue avec mes amis d’enfance. J’étais arrivé avec la moustache et je l’avais gardée une semaine après pour un stage de 3x3. C’est resté ! »

Gamin, tu rêvais à... 
« Pas forcément d’être basketteur ! J’ai le souvenir d’avoir fait beaucoup de sacrifices, ça s’est fait naturellement. »

Ta plus grande peur ? 
« L’échec... C’est ce qui me motive à bosser tous les jours. » 

Un don caché ? 
« Pas du tout ! »

Une journée dans la peau de... 
« D’un big man au basket pour voir le sport qu’il fait par rapport au mien. On nous demande des choses tellement différentes ! »

Un livre de chevet ?
« Actuellement, non. Le dernier bouquin qui m’a marqué, c’est un Joël Dicker, La disparition de Stéphanie Maier. Les cours (il est en dernière année d’école de commerce à Grenoble, ndlr) me prennent pas mal de temps. »

Un voyage ? 
« New York en famille quand j’étais plus jeune. Après, je dirais aussi Hyderabad, en Inde, où je suis allé pour un tournoi de basket 3x3 (Nation’s League des moins de 23 ans, ndlr). Ça a été un choc culturel. »

Un péché mignon ? 
« Que des trucs gentillets ! Je suis assez gourmand dans l’ensemble mais mon corps arrive à dire stop quand il faut. »

DR Franck Fétis

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