Selon les professionnels du bâtiment, l’activité générale du secteur a connu un recul sensible dans le pays entre 2024 et 2025. Bien qu’elle-même en tension, la construction a toutefois convenablement tiré son épingle du jeu sur cette même période. C’est le cas dans la Vienne, où la progression du nombre de logements commencés sur un an est notoire.

Nicolas Boursier

Le7.info

Les appels du pied régulièrement adressés par les organisations professionnelles du bâtiment sont jusque-là restés lettre morte. « L’instabilité politique et réglementaire des derniers mois n’a pas permis de créer les conditions d’un retour de la confiance pour nos entreprises », résume la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). 


Premières victimes de l’« attentisme » du gouvernement : « l’entretien-amélioration et la rénovation énergétique, durablement en difficulté depuis un an et demi ». « La suspension puis la modification brutale de MaPrimeRénov’, suivies d’une nouvelle suspension en l’absence de consensus autour du budget de l’État, ont eu un impact immédiat sur les décisions de travaux, appuie la Capeb. Les politiques de stop-and-go ont détruit la visibilité, freiné l’investissement et fragilisé l’emploi. »


+28,4% de chantiers commencés

Alors même que le secteur annonce un recul général de l’activité du bâtiment de 3,8% sur douze mois, un rai de lumière fend la grisaille : le regain de vitalité généralisé de la construction, illustré par une hausse substantielle des autorisations de permis de construire (+13,5%) et de mises en chantier (+4,8%) en fin d’année à l’échelle de la Nation. 


Dans la Vienne, la Fédération française du bâtiment (FFB86) confirme l’existence de signaux encourageants, avec cette progression annoncée de 28,4% sur douze mois des déclarations d’ouvertures de chantier (et même +51,1% dans le collectif). 2025 a en outre enregistré une augmentation de 2% du volume de locaux non résidentiels débutés, de plus de 6% de chantiers autorisés. 


Ces chiffres sont-ils suffisants pour rassurer la profession ? Pas sûr, car 2026 est une année d’élections municipales. Et les années d’élections ont ceci de particulier qu’elles freinent plus qu’elles n’accélèrent les projets engagés. Autant dire que la Nouvelle-Aquitaine et la Vienne risquent de devoir mettre un voile sur leurs ambitions d’envolées « bâtisseuses ». Au moins jusqu’à l’installation des nouveaux édiles et de leurs conseils. Vivement après-demain !

À lire aussi ...