Sale temps pour les TPE

Situation financière tendue, instabilité gouvernementale, difficultés de recrutement, charge administrative importante... La coupe est pleine pour les petites entreprises du département.

Le7.info

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Une enquête récente menée par le Syndicat des indépendants et des TPE montre qu'en 2025, 56% des entrepreneurs interrogés (sur 1 679 répondants) ont vu leur chiffre d’affaires diminuer par rapport à 2024. Et près de 60% des dirigeants déclarent une marge nette stable ou en baisse. Autre chiffre : un dirigeant sur deux déclare une rémunération mensuelle moyenne inférieure au Smic, et plus de 65% restent sous le seuil des 2 000€. Un constat partagé localement par Josselin Desbordes, président de la CPME 86. « Beaucoup n'arrivent plus à se rémunérer. Il y a une forte tension financière. Le chef d'entreprise essaye de tout rationaliser, constamment. C'est épuisant. »

Dans l'enquête, 96% des chefs d'entreprise se déclarent d'ailleurs « épuisés », « découragés » ou « inquiets ». « Pour de nombreux commerçants, le mois de décembre n'a pas coché toutes les cases. Leur moral est en berne. Le manque de visibilité et le climat anxiogène ne permettent pas aux dirigeants de se projeter, relève Josselin Desbordes. Aujourd'hui, ils doivent piloter avec un bandeau sur les yeux. » Il déplore l'absence de ligne claire, les banques qui ne suivent pas. Un point de vue partagé par Emmanuel Mesmin, président de la Capeb de la Vienne : « Aujourd'hui, nous n'avons pas de visibilité. L'année dernière, du jour au lendemain, le dispositif MaPrimeRénov' a été arrêté, c'est brutal pour les artisans. Ils doivent tout stopper et rebondir dans la minute, ce n'est pas possible. Il faudrait une vision et un financement sur 3, 5 ou 10 ans et non des mesures modifiées tous les six mois. Certains travaillent en pleines montagnes russes ! »

La mobilisation continue

Autre chiffre inquiétant : plus de 62% des chefs d’entreprise déclarent rencontrer des difficultés de trésorerie, dont près de 23% de manière importante. « Etre à découvert toute l'année ne permet pas de créer de richesse, ajoute le président de la CPME 86. C'est moins d'impôts collectés, un gel des salaires et cela entraîne d'ailleurs de l'inquiétude, des tensions sociales au sein des entreprises. »

Quand le dirigeant jette l'éponge, il évoque le poids des charges, le manque de rentabilité (souvent, la valeur ajoutée produite ne suffit plus à couvrir les coûts d'exploitation) ainsi que l’épuisement personnel. « Le tribunal de commerce de Poitiers n'enregistre pas plus de liquidations qu'en 2024, mais c'est en réalité la face visible de l'iceberg. La situation est compliquée. »
 La Capeb comme la CPME ont commencé à rencontrer des candidats aux élections municipales pour les alerter sur la situation. 
« Le mouvement du 17 décembre n'est pas fini, les artisans en ont marre, soutient Emmanuel Mesmin. Nous représentons des emplois non délocalisables, des entreprises de proximité et nous ne nous laisserons pas abattre sans rien dire. »

DR

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