Établissement familial, le Logis du Val de Boivre ouvre de plus en plus ses portes sur l’extérieur, pour un repas, une activité, un jour, une nuit... L’Ehpad de Vouneuil-sous-Biard aimerait devenir un centre de ressources destiné aux seniors de la commune, quelles que soient leurs problématiques.
Nicole Massé a 80 ans et se sent bien chez elle. Sauf qu’après une vilaine chute dans les escaliers et une hospitalisation, son médecin lui a conseillé de « se refaire une santé » à l’Ehpad du Logis du Val de Boivre. « J’y ai passé un mois et demi et j’ai vraiment été satisfaite du personnel, de l’accueil... Je faisais de la gym douce, j’aurais bien voulu continuer d’ailleurs. » Nicole, qui habite à 4km de l’établissement attend une solution de transport pour renouer avec l’activité physique « et aussi faire un petit plaisir aux résidents que j’ai connus en partageant un repas avec eux ».
Depuis quelques mois, Olivier Piroëlle et ses équipes promeuvent « le Logis à la carte ».
Autrement dit la possibilité pour des seniors d’y venir déjeuner, suivre une activité, passer la journée, une nuit...
« Aujourd’hui, rester à domicile, c’est top, développe le directeur de la structure et du Logis des Cours, à Béruges (100 salariés au total). Mais à condition que ça se fasse dans de bonnes conditions. Pour bien vieillir, il y a trois choses très importantes : bien manger, faire de l’activité physique et la socialisation, échanger avec d’autres... »
« Un centre
de ressources »
Le léger fléchissement du taux d’occupation des Ehpad (93% au Logis du Val de Boivre) pourrait laisser penser que cet accueil à la carte relève d’un impératif financier. Un argument balayé d’un revers de la main par le dirigeant. « A 15€ le
repas et 5€ l’activité, ce n’est pas le sujet. Non, nos deux établissements sont engagés dans la convention des entreprises pour le climat, une association à but non lucratif qui encourage à faire attention au vivant, à l’humain et à la planète. Ici, ça ne s’applique pas qu’aux résidents, mais aussi au personnel, aux familles et plus largement à tous les habitants de la commune. » Dans ses rêves les plus fous, Olivier Piroëlle aimerait que le Logis du Val de Boivre devienne « un centre de ressources qui puisse répondre à toutes les problématiques liées au grand âge ».
Parmi les projets concrets, l’Ehpad imagine un jour voir émerger un jardin partagé ouvert sur l’extérieur, où résidents et riverains pourraient créer des liens et manger sainement. En attendant, Olivier Piroëlle fait « du sur-mesure ». A l’image de cet hébergement d’urgence un vendredi soir de janvier, pendant l’épisode neigeux.
« Le monsieur nous a appelés, catastrophé : il n’avait plus de chauffage. Il a passé deux nuits chez nous. La satisfaction humaine des équipes contribue au bien-être de tout le monde. » Une façon aussi de redorer l’image des Ehpad, sévèrement écornée après la sortie du livre de Victor Castanet (Les Fossoyeurs) sur le « scandale Orpea ». Pas idéal pour susciter des vocations, sachant que selon la Dress(*), entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires seront nécessaires dans le secteur à l’horizon 2050 pour faire face au vieillissement de la population.
(*)Direction de la recherche,
des études de l’évaluation
et des statistiques.